đȘ Les Paroles Et Les Actes En Amour
Lescinq langages de l'amour sont rĂ©pertoriĂ©s et expliquĂ©s. Un incontournable de la littĂ©rature du couple. Un incontournable de la littĂ©rature du couple. Le magasine de la santĂ© Ă mĂȘme rĂ©alisĂ© un sujet sur ce livre de Gary Chapman: Les langages de l'amour chrĂ©tien, de la
Cesoir, Marine Le Pen est l'invitĂ©e de David Pujadas dans Des paroles et des actes sur France 2. Il s'agit de sa cinquiĂšme participation Ă
Ilexiste 5 actes qui sont pour nous des preuves dâamour :- les petits cadeaux (valeur sentimentale)- les services rendus (participation aux tĂąches courantes, aide ponctuelle)- les moments de qualitĂ© (passer du temps avec un ami, un amoureux, un parent)- les paroles encourageantes (les compliments, les encouragements)- les contactes physiques (tenir une
Noubliez pas les paroles - Nagui Magali Fabien. Comme Ă son habitude, Nagui aime toujours autant taquinĂ© son entourage sur le plateau de Nâoubliez pas les paroles. Notre objectif est de crĂ©er un endroit sĂ»r et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres dâintĂ©rĂȘt et de leurs passions.
Pourle dire autrement, les beaux discours ne servent Ă rien sâils ne sont suivis dâactes, les belles convictions ne sont que du vent si elles ne sont pas mises en pratique. Câest ce que Saint Jean affirme dâune autre maniĂšre : « Nous devons aimer, non pas avec des paroles et des discours mais en acte et en vĂ©ritĂ© » ( 1 Jn 3, 18)
Lesparoles et les actes Europe Ecologie les Verts Midi-PyrĂ©nĂ©es. Suivre . il y a 13 ans. Avant le meeting de Montauban, des candidats Europe Ecologie Midi-PyrĂ©nĂ©es et JosĂ© BovĂ© visitent une ferme bio. Jean Claude et Suzanne Talleux leur racontent leur choix de vie et aussi la station d'Ă©puration Ă©cologique, la production d'Ă©lectricitĂ© photovoltaĂŻque Signaler. VidĂ©os Ă
Chaquetype de phrase est donc associĂ© Ă un acte de parole prĂ©cis. Cependant on peut utiliser un type de phrase pour exprimer, ou plutĂŽt sous-entendre, un autre acte de parole. Dans ce cas, on dit que l'acte de parole est indirect ou implicite ; l'intention ne peut ĂȘtre perçue qu'Ă l'aide de la situation d'Ă©nonciation.
LesPeines et les plaisirs de l'Amour : pastorale en cinq actes / musique de Cambert ; paroles de Gilbert ; 1er acte avec accompagnement de piano par J. B. Wekerlin | | Wekerlin Jourde Gilbert Weckerlin | Paris : Michaélis, [ca 1883]
Ilexiste « deux critĂšres » dont le premier est dâĂȘtre « davantage en actes quâen paroles ». « Le vĂ©ritable amour est rĂ©el, il est dans les
Lesenfants et les langages dâamour. Dans chaque enfants se trouve un ârĂ©servoir Ă©motionnelâ qui ne demande quâĂ ĂȘtre rempli dâamour. La plupart du temps, les Ă©carts de conduite de lâenfant sâexpliquent par son obsession Ă vouloir soutirer de lâaffection dâun rĂ©servoir qui reste obstinĂ©ment vide. â Dr Ross Campbell.
enthéorie: l'amour est la + grande valeur de ma vie , le respect ,l'écoute, la tolérance, de la discussion constructive au lieu de disputes, ne pas céder à la colÚre. (c'est lui qui parle là )
5 Les paroles valorisantes. Parmi les diffĂ©rentes façons de dire je tâaime, il y a âles paroles valorisantesâ. Se sont des petits mots doux : des compliments, des mots dâapprĂ©ciation, de gratitudes, des paroles encourageantes et valorisantes Ce sont de
Illustrerpar des actes leur immense tolérance, leur sens aigu de la fraternité et leur amour éperdu de la diversité. Leur si attendrissant sens de l'accueil de l'Autre. à rebours des discours nauséabonds de rejet et de repli sur soi. Dans un moment si exaltant pour ces grands humanistes, une seule parole devrait sortir de leur bouche qui, jamais,
Sachantparfaitement quâĂ lâorigine des paroles et des actes il y a des pensĂ©es et des sentiments, JĂ©sus nous invite instamment Ă cultiver des dispositions dâesprit et de cĆur, telles que la douceur de caractĂšre, la soif de justice, lâinclination Ă la misĂ©ricorde et Ă la paix, et lâamour du prochain (Matthieu 5:5-9, 43-48). Nos paroles et notre conduite sâen ressentiront
Mwasiâ Collectif AfrofĂ©ministe, Afrofem, Paris, Syllepse, 2018, 128 pages. On pourra lire un extrait du livre ici. Dans « Transformer le silence en paroles et en actes », Audre Lorde Ă©crivait : « Je suis de plus en plus convaincue que ce qui est essentiel pour moi doit ĂȘtre mis en mots, Ă©noncĂ© et partagĂ©, et ce mĂȘme au risque que ce soit Ă©reintĂ© par la critique et
gcgJ9Nd. ï»żCitation actes amour DĂ©couvrez une citation actes amour - un dicton, une parole, un bon mot, un proverbe, une citation ou phrase actes amour issus de livres, discours ou entretiens. Une SĂ©lection de 20 citations et proverbes sur le thĂšme actes amour. 20 citations > Citation de Albert Camus n° 172691 - Ajouter Ă mon carnet de citations Notez cette citation - Note moyenne sur 472 votesCe nâĂ©tait donc pas par des mots que jâĂ©tais parvenu Ă lui communiquer ce sentiment de beautĂ© de la vie et dâadĂ©quation au monde quâelle ressentait si intensĂ©ment en ma prĂ©sence, non plus par mes regards ou par mes actes, mais par lâĂ©lĂ©gance de ce simple geste de la main qui sâĂ©tait lentement dirigĂ©e vers elle avec une telle dĂ©licatesse mĂ©taphorique quâelle sâĂ©tait sentie soudain Ă©troitement en accord avec le monde jusquâĂ me dire quelques heures plus tard, avec la mĂȘme audace, la mĂȘme spontanĂ©itĂ© naĂŻve et culottĂ©e, que la vie Ă©tait belle, mon amour. Faire l'amour 2002 de Jean-Philippe ToussaintRĂ©fĂ©rences de Jean-Philippe Toussaint - Biographie de Jean-Philippe ToussaintPlus sur cette citation >> Citation de Jean-Philippe Toussaint n° 165118 - Ajouter Ă mon carnet de citations Notez cette citation - Note moyenne sur 466 votesParfois, vos amis vous rĂšglent votre compte, avec des paroles violentes qui vous blessent. Mais parce qu'ils visent juste, parce qu'ils voient en vous ce qu'il y a de plus cachĂ©, vos amis vous disent C'est parce que je t'aime que je vois le visage que tu voudrais dissimuler. Et tout en voyant ce visage, je continue de t'aimer. De t'aimer mieux peut-ĂȘtre, t'aimer en meilleure connaissance de cause. Parce que toi et moi nous sommes pareils, des frĂšres et sĆurs d'actes inavouables. » Lorsqu'ils agissent ainsi, vos amis vous attachent Ă eux d'une façon bien plus forte que ne le feraient toutes les dĂ©clarations d'amour. Sagan 1954 2014 de Anne BerestRĂ©fĂ©rences de Anne Berest - Biographie de Anne BerestPlus sur cette citation >> Citation de Anne Berest n° 165070 - Ajouter Ă mon carnet de citations Notez cette citation - Note moyenne sur 467 votesNotre vie est guidĂ©e par des Ă©vĂšnements, des actes de violence ou des marques d'amour dont nous n'avons aucune preuve. Une boite noire Ă laquelle nous n'aurons jamais accĂšs. Maman a tort de Michel BussiRĂ©fĂ©rences de Michel Bussi - Biographie de Michel BussiPlus sur cette citation >> Citation de Michel Bussi n° 159404 - Ajouter Ă mon carnet de citations Notez cette citation - Note moyenne sur 466 votesPour assassiner une divinitĂ©, il faut ĂȘtre plus puissant qu'elle, infiniment fĂ©roce et cruel. JĂ©sus de Nazareth Ă©tait une crĂ©ature divine plein de bienveillance et d'amour. Son meurtrier devait ĂȘtre plus fort, plus rusĂ© et rĂ©pugnant. Ces misĂ©rables dĂ©icides n'Ă©taient en mesure d'exĂ©cuter leurs actes que s'ils disposaient des monstrueuses ressources du pouvoir et du mal. Judas de Amos OzRĂ©fĂ©rences de Amos Oz - Biographie de Amos OzPlus sur cette citation >> Citation de Amos Oz n° 158123 - Ajouter Ă mon carnet de citations Notez cette citation - Note moyenne sur 470 votesPour assassiner une divinitĂ©, il faut ĂȘtre plus puissant qu'elle, infiniment fĂ©roce et cruel. JĂ©sus de Nazareth Ă©tait une crĂ©ature divine plein de bienveillance et d'amour. Son meurtrier devait ĂȘtre plus fort, plus rusĂ© et rĂ©pugnant. Ces misĂ©rables dĂ©icides n'Ă©taient en mesure d'exĂ©cuter leurs actes que s'ils disposaient des monstrueuses ressources du pouvoir et du mal. VoilĂ comment le Juif est perçu dans l'imaginaire de ses ennemis. Nous sommes tous des Judas. MĂȘme aprĂšs quatre-vingts gĂ©nĂ©rationsJudas de Amos OzRĂ©fĂ©rences de Amos Oz - Biographie de Amos OzPlus sur cette citation >> Citation de Amos Oz n° 158122 - Ajouter Ă mon carnet de citations Notez cette citation - Note moyenne sur 467 votesL'amour charnel ne s'entend pas, mais il est trĂšs subtil, trĂšs profond, trĂšs dĂ©licat; il est trĂšs grandiose et trĂšs spirituel, et muet; il est fait de sensations et d'actes, dont il est difficile de l'attente de toi de Alexis JenniRĂ©fĂ©rences de Alexis Jenni - Biographie de Alexis JenniPlus sur cette citation >> Citation de Alexis Jenni n° 157219 - Ajouter Ă mon carnet de citations Notez cette citation - Note moyenne sur 466 votesPassant avait toujours perçu dans cette formule une vĂ©ritĂ© profonde en amour, seuls les actes comptent, les mots ne coĂ»tent 2012 de Jean-Christophe GrangĂ©RĂ©fĂ©rences de Jean-Christophe GrangĂ© - Biographie de Jean-Christophe GrangĂ©Plus sur cette citation >> Citation de Jean-Christophe GrangĂ© n° 149041 - Ajouter Ă mon carnet de citations Notez cette citation - Note moyenne sur 467 votesL'amour est improvisation sans consĂ©quences, ses actes n'ont d'autre lendemain qu'une envie de se revoir, de s'embrasser, de se simple lettre d'amour 2015 de Yann MoixRĂ©fĂ©rences de Yann Moix - Biographie de Yann MoixPlus sur cette citation >> Citation de Yann Moix n° 143023 - Ajouter Ă mon carnet de citations Notez cette citation - Note moyenne sur 467 votesEn demandant pardon, on demande Ă ĂȘtre vu tel que l'on est, en dĂ©pit de ses actes. RĂ©pondre Ă cette demande, c'est l'amour le plus profond dont un humain soit des robes oubliĂ©es 2012 de Riikka PulkkinenRĂ©fĂ©rences de Riikka Pulkkinen - Biographie de Riikka PulkkinenPlus sur cette citation >> Citation de Riikka Pulkkinen n° 142340 - Ajouter Ă mon carnet de citations Notez cette citation - Note moyenne sur 470 votesOui, voilĂ l'amour vrai il ne peut rien dire. Sa sincĂ©ritĂ© se distingue par les actes bien mieux que par les Deux Gentilshommes de VĂ©rone 1623, II, 2 de William ShakespeareRĂ©fĂ©rences de William Shakespeare - Biographie de William ShakespearePlus sur cette citation >> Citation de William Shakespeare n° 137300 - Ajouter Ă mon carnet de citations Notez cette citation - Note moyenne sur 469 votesIl n'aurait jamais avouĂ© son amour pour son prochain par des mots, mais il lui consacrait tous ses peau froide 2004 de Albert SĂĄnchez PiñolRĂ©fĂ©rences de Albert SĂĄnchez Piñol - Biographie de Albert SĂĄnchez PiñolPlus sur cette citation >> Citation de Albert SĂĄnchez Piñol n° 134465 - Ajouter Ă mon carnet de citations Notez cette citation - Note moyenne sur 467 votesEn amour, seuls les actes comptent, les mots ne coĂ»tent 2012 de Jean-Christophe GrangĂ©RĂ©fĂ©rences de Jean-Christophe GrangĂ© - Biographie de Jean-Christophe GrangĂ©Plus sur cette citation >> Citation de Jean-Christophe GrangĂ© n° 118760 - Ajouter Ă mon carnet de citations Notez cette citation - Note moyenne sur 468 votesLes plus beaux actes d'amour sont ceux accomplis dans le secret du coeur, ils ne s'oxydent testament philosophique 1997 de Jean GuittonRĂ©fĂ©rences de Jean Guitton - Biographie de Jean GuittonPlus sur cette citation >> Citation de Jean Guitton n° 96688 - Ajouter Ă mon carnet de citations Notez cette citation - Note moyenne sur 466 votesLe vĂ©ritable amour n'a nul besoin d'actes notariĂ©s; il est sĂ»r de lui et de sa force publique et vie privĂ©e 1988 de Francesco AlberoniRĂ©fĂ©rences de Francesco Alberoni - Biographie de Francesco AlberoniPlus sur cette citation >> Citation de Francesco Alberoni n° 63744 - Ajouter Ă mon carnet de citations Notez cette citation - Note moyenne sur 466 votesLa foi en actes est l'amour, et l'amour en actes est de MĂšre Teresa de MĂšre TeresaRĂ©fĂ©rences de MĂšre Teresa - Biographie de MĂšre TeresaPlus sur cette citation >> Citation de MĂšre Teresa n° 47211 - Ajouter Ă mon carnet de citations Notez cette citation - Note moyenne sur 466 votesAmour - Aimer - c'est imiter. On l'apprend. Les mots, les actes, les sentiments» mĂȘmes sont appris. - RĂŽle des livres et des poĂšmes. L'amour original doit ĂȘtre 1939 de Paul ValĂ©ryRĂ©fĂ©rences de Paul ValĂ©ry - Biographie de Paul ValĂ©ryPlus sur cette citation >> Citation de Paul ValĂ©ry n° 26214 - Ajouter Ă mon carnet de citations Notez cette citation - Note moyenne sur 466 votesOui, voilĂ l'amour vrai; il ne peut rien dire. Sa sincĂ©ritĂ© se distingue par les actes bien mieux que par les deux gentilhommes de VĂ©rone de William ShakespeareRĂ©fĂ©rences de William Shakespeare - Biographie de William ShakespearePlus sur cette citation >> Citation de William Shakespeare n° 25590 - Ajouter Ă mon carnet de citations Notez cette citation - Note moyenne sur 469 votesL'homme vit d'amour effrĂ©nĂ© et de prĂ©visions Justes Solitudes 1965 de Henri PetitRĂ©fĂ©rences de Henri Petit - Biographie de Henri PetitPlus sur cette citation >> Citation de Henri Petit n° 14321 - Ajouter Ă mon carnet de citations Notez cette citation - Note moyenne sur 466 votesA supposer qu'une femme dĂ©clare son amour Ă un homme au cours des cinq actes d'une piĂšce, celle-ci n'est monotone que s'il s'agit du mĂȘme homme. de George Bernard ShawRĂ©fĂ©rences de George Bernard Shaw - Biographie de George Bernard ShawPlus sur cette citation >> Citation de George Bernard Shaw n° 11130 - Ajouter Ă mon carnet de citations Notez cette citation - Note moyenne sur 466 votes< 2Votre commentaire sur ces citations Dictionnaire des citations en A + ThĂšmes populaires + Autres belles citations et proverbes sur actes amour Toutes les citations sur actes amour Citation sur actes Citations courtes actes PoĂšmes actes amour Proverbes actes amour Etendez votre recherche avec le dictionnaire des dĂ©finitionsThĂšmes populairesCitations d'amour Citations sur l'amour Citations sur l'amitiĂ© Citations sur la vie Citations sur le bonheur Citations sur les femmes Citations sur le couple Citations sur la sagesse Citations sur la tristesse Citations sur la mort Citations sur la nature Citations sur l'absence Citations sur le manque Citations sur l'enfance
Depuis quelques semaines, nous entendons le discours de JĂ©sus sur la montagne avec ses exigences qui peuvent paraitre hors de notre portĂ©e aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persĂ©cutent ; si quelquâun te gifle sur la joue droite, tend-lui encore lâautre ; pardonnez de tout votre cĆur⊠». Ce discours de JĂ©sus sâachĂšve sur lâEvangile de ce dimanche il ne suffit pas de dire Seigneur, Seigneur », mais il faut faire la volontĂ© du PĂšre. Pour le dire autrement, les beaux discours ne servent Ă rien sâils ne sont suivis dâactes, les belles convictions ne sont que du vent si elles ne sont pas mises en pratique. Câest ce que Saint Jean affirme dâune autre maniĂšre Nous devons aimer, non pas avec des paroles et des discours mais en acte et en vĂ©ritĂ© » 1 Jn 3, 18 En effet, le danger est souvent de considĂ©rer lâEvangile comme un idĂ©al tellement Ă©levĂ© quâil serait de toute façon inatteignable ; et nous nous rĂ©fugions derriĂšre notre rĂ©alisme pour admettre que ces paroles sont symboliques⊠Eh bien non ! Elles ne sont pas symboliques. Car JĂ©sus lui, a vĂ©cu jusquâau bout ce quâil a proclamĂ© ; et câest prĂ©cisĂ©ment pour cela quâil est crĂ©dible. Câest la croix qui rend crĂ©dible la parole de JĂ©sus. Il est crĂ©dible lorsquâil promet Ă ses disciples quâil ne les abandonnera pas. Il est crĂ©dible lorsquâil demande de ne pas riposter Ă lâinsulte. Il est crĂ©dible lorsquâil nous invite Ă pardonner au-delĂ de toute mesure. Il est crĂ©dible parce que, sur la croix, Il vit jusquâau bout ce quâil a dit Il donne sa vie. Or ce que le Christ est pour nous, nous devons apprendre Ă lâĂȘtre pour les autres. Depuis les commencements de lâEglise, si la foi chrĂ©tienne sâest propagĂ©e Ă toutes les nations, ce nâest pas grĂące aux beaux discours ni aux belles convictions. Mais câest lâamour vĂ©cu qui parle plus fort que tout. Câest ce que les chrĂ©tiens ont rĂ©alisĂ© de grand et de beau, simplement par amour des plus petits, qui ont converti tant dâhommes et de femmes. Ce qui sauve lâhomme, ce nâest pas dâavoir de belles convictions mais de les vivre. On peut dĂ©gouliner de bons sentiments et ne rien vivre de lâEvangile. VoilĂ un beau programme Ă quelques jours du carĂȘme. Ce temps pourrait peut-ĂȘtre nous amener Ă nous demander si notre foi se traduit rĂ©ellement en actes ; si nous faisons rĂ©ellement la volontĂ© de notre PĂšre du ciel. Câest cela, et cela seulement, qui construit nos vies sur la soliditĂ© du roc. P. Pierre-Alain LEJEUNE
1Ouvrir les Noms divins dâun auteur du dĂ©but du vie siĂšcle aprĂšs JĂ©sus-Christ qui se cache sous le pseudonyme de Denys lâArĂ©opagite », le converti de saint Paul aprĂšs son discours sur lâArĂ©opage dans le livre des Actes des ApĂŽtres Ac 17, demeure une entreprise difficile pour un lecteur du xxie siĂšcle Ă cause de son style dĂ©routant, marquĂ© par les sources nĂ©oplatoniciennes de son vocabulaire et son langage mystĂ©rique ». 2Les premiĂšres pages de ce traitĂ©, oĂč lâauteur affirme son intention dâexpliquer les noms divins, ce que sont ces noms divins et comment ils doivent ĂȘtre cĂ©lĂ©brĂ©s, conduisent Ă une rĂ©flexion sur lâhymnologie des noms divins et le silence devant lâIneffable ». Cette Ă©tude portera Ă la fois sur les Noms divins et sur la ThĂ©ologie mystique de Denys lâArĂ©opagite. 3Que signifie une hymnologie des noms divins » ? Quels sont ces noms divins ? Et quel est le statut du discours sur les noms divins et la limite du langage devant lâIneffable ? Telles sont les questions que je me poserai. 4Dans le premier chapitre des Noms divins, Denys se demande quel est le but des Noms divins et quelle est la tradition au sujet des noms divins ». Il se fixe comme but ÎșÎżÏáœč lâexplication des noms divins áŒÎœáœ±ÏÏ
ΟÎč Μ áœÎœÎż-ΌᜱΜ, comme il le dit au dĂ©but DN 585 B et 597 B et Ă la fin du traitĂ© DN 984 A. 5Platon avait dĂ©jĂ posĂ© la question des noms divins dans le Cratyle et Proclus, le philosophe qui a le plus influencĂ© Denys, dans sa ThĂ©ologie platonicienne. 6Pour Socrate, nous ne savons rien des dieux, ni de leurs personnes, ni des noms quâils peuvent bien se donner Ă eux-mĂȘmes » et la maniĂšre la plus juste est de faire comme dans les priĂšres oĂč nous avons pour loi de les invoquer sous des noms » quelle que soit leur origine Cratyle 400d. Invoquer Dieu sous des noms » semble la maniĂšre la plus juste de le nommer. 7Quant Ă Proclus, il reprend, dans son traitĂ© des attributs divins » qui forme la deuxiĂšme partie du premier livre de la ThĂ©ologie platonicienne, les attributs tirĂ©s des Lois, de la RĂ©publique, du PhĂšdre et du PhĂ©don de Platon et conclut en distinguant trois degrĂ©s dans les noms divins ceux qui sont rĂ©ellement divins demeurent au niveau des dieux eux-mĂȘmes et ne sont connus que par eux, ceux qui existent au niveau de lâintellect sont comme des similitudes » áœÎŒÎżÎč᜜Όαα des premiers et ceux qui sont produits au niveau du discours sont des images des ĂȘtres divins » ΔጰÎșáœčΜα Μ ΞΔ᜷Μ. Chaque nom, ajoute-t-il, est comme une statue des dieux áŒÎłÎ±Î»ÎŒÎ±Î± Μ ΞΔΜ » ThĂ©ol. Plat. I, 29. 8Pour Denys, les noms divins sont fournis par les Oracles λáœčÎłÎčα sacrĂ©s », câest-Ă -dire par lâĂcriture sainte, câest pourquoi on ne doit absolument oser ni dire, ni mĂȘme penser quoi que ce soit au sujet de la DĂ©itĂ© suressentielle et cachĂ©e en dehors de ce qui nous a Ă©tĂ© divinement rĂ©vĂ©lĂ©par les Oracles sacrĂ©s » DN 588 A. Les noms divins ne sont donc pas tirĂ©s de la pensĂ©e humaine, mais ils sont rĂ©vĂ©lĂ©s. La DĂ©itĂ© suressentielle et cachĂ©e DN I, § 1 9Or, dĂšs le dĂ©but, Dieu, ou la DĂ©itĂ© », est caractĂ©risĂ© par ces deux attributs suressentiel et cachĂ© », suressentiel, câest-Ă -dire au-delĂ de lâĂȘtre, et cachĂ©, car Dieu est un Dieu cachĂ© », comme le dit le prophĂšte IsaĂŻe Vraiment, tu es un Dieu qui se cache » Is 45, 15. 10La dĂ©finition de Dieu comme suressentiel », qui est une dĂ©finition philosophique, dĂ©termine la question de la connaissance de Dieu et celle du langage sur Dieu. 11La vĂ©ritable connaissance de Dieu est la connaissance de son inconnaissance ou encore la connaissance de ce quâil nâest pas. Aussi bien les philosophes paĂŻens que les thĂ©ologiens chrĂ©tiens lâaffirment. 12Plotin dit dans les EnnĂ©ades Ă propos de lâUn Nous disons ce quâil nâest pas, nous ne disons pas ce quâil est » Enn. V, 3 [49] 14, 4-8 ; et encore tout ce qui est dit de lui lâest par nĂ©gation » Enn. VI, 8 [39] 11, 34-35. 13ClĂ©ment dâAlexandrie a cette trĂšs belle phrase dans les Stromates Si [du Christ] nous nous avancions par la saintetĂ© vers lâabĂźme, nous nous approcherions en quelque maniĂšre de lâintellection du Tout-Puissant, reconnaissant non ce quâil est, mais ce quâil nâest pas » Strom. V, 11, 71, 3. Nous ne pouvons pas savoir de Dieu ce quâil est, mais ce quâil nâest pas, telle est la voie de la thĂ©ologie nĂ©gative. Lâhomme peut savoir ce que Dieu nâest pas, câest-Ă -dire tout ce que lui, lâhomme, connaĂźt, mais non ce que Dieu est, car il est au-delĂ de toute connaissance. Dieu est un abĂźme » insondable, et câest par la saintetĂ© » que nous pouvons nous approcher de lâintellection du Tout-Puissant ». 14Si Dieu est suressentiel », il est au-delĂ de la raison, de lâintellect et de lâessence » et par consĂ©quent de toute connaissance, mais la science suressentielle » de la DivinitĂ© sera prĂ©cisĂ©ment son inconnaissance » DN 588 A. 15Cette science suressentielle », dit Denys, est une contemplation des splendeurs plus sublimes » dans la mesure oĂč le rayon des Oracles thĂ©archiques se livre Ă nous » DN 588 A. Notre capacitĂ© Ă contempler les choses divines » est donc proportionnĂ©e Ă la mesure oĂč le rayon se livre Ă nous », mais aussi Ă notre propre capacitĂ© de le recevoir Câest selon la mesure proportionnĂ©e Ă chaque intellect que les choses divines se dĂ©voilent et se donnent Ă contempler » DN 588 A. 16Denys commence par affirmer la transcendance divine qui ne peut ĂȘtre pensĂ©e ou nommĂ©e Dieu est une Essence suressentielle, un Intellect inintelligible et une Parole ineffable, et par consĂ©quent, il est sans intelligibilitĂ©, sans parole et sans nom » áŒÎœáœčηο, áŒÎ»ÎżÎłÎż, áŒÎœáœœÎœÏ
ÎŒÎż pour lâesprit humain qui ne peut penser ni dire quoi que ce soit au sujet de Celui qui est au-delĂ de lâintelligence ou de la parole. 17Dieu est au-delĂ de tout et cependant Cause de tout ce qui est et, tout en Ă©tant pour tous la Cause de leur ĂȘtre, pourtant nâest pas, en tant quâelle est au-delĂ de toute essence ». 18VoilĂ la double caractĂ©ristique de Dieu il est Ă la fois Au-delĂ de tout » et Cause », Au-delĂ de tout ce qui est et Cause de ce qui est. Et tous les noms divins vont ĂȘtre considĂ©rĂ©s selon ce double aspect. 19Mais â dernier paradoxe â la Cause de lâĂȘtre nâest pas en tant quâelle est au-delĂ de toute essence ». Câest une doctrine nĂ©oplatonicienne. 20Platon dans le ParmĂ©nide, Plotin dans la VIeEnnĂ©ade Enn. VI, 9, Porphyre Sentence 26, Proclus Theol. plat. II, 5 [38, 26-39, 5] et Damascius De prim. princ. 7 [17, 24 â 18, 1] ont tous dissertĂ© sur le non-ĂȘtre Όᜎ áœÎœ de la Cause suressentielle de tout ĂȘtre. Damascius parle dâune privation par supĂ©rioritĂ©, comme le non-ĂȘtre qui signifie le supra-substantiel ». Câest donc un non-ĂȘtre par supĂ©rioritĂ© » ou par Ă©minence ». Le Bien DN I, § 3 21Sans transition, Denys passe alors de la considĂ©ration de la DĂ©itĂ© suressentielle » Ă celle du Bien qui caractĂ©rise la Cause et qui est le premier des noms divins. 22Le Bien est incommunicable, nĂ©anmoins il se communique et apparaĂźt par des illuminations proportionnĂ©es aux intellects saints ». Il y a une thĂ©ophanie lumineuse du Bien et les intellects doivent tendre vers elle, tout en honorant le secret de la ThĂ©archie » DN 589 B. 23Il faut Ă la fois honorer le secret de la ThĂ©archie par un chaste silence » et se tendre vers les splendeurs qui brillent pour nous dans les Oracles sacrĂ©s et, par leurs lumiĂšres, [ĂȘtre] entraĂźnĂ©s vers les hymnes thĂ©archiques, en Ă©tant Ă©clairĂ©s par elles ». Lâopposition entre le chaste silence » et les hymnes » correspond Ă la distinction entre lâAu-delĂ de tout et la Cause de tout, principe de toute illumination. 24VoilĂ lâorigine des hymnes thĂ©archiques » ils sont en quelque sorte imprimĂ©s » Denys parle dâune empreinte » dans lâintellect par les lumiĂšres thĂ©archiques » et, en retour, les hymnes thĂ©archiques » permettent de voir les lumiĂšres thĂ©archiques » et de chanter le Principe bĂ©nĂ©fique de toute sainte illumination », comme cause, principe, ĂȘtre et vie de tout », etc. Hymnologie sacrĂ©e DN I, § 4 25En conclusion, Denys sâadresse Ă TimothĂ©e, le destinataire du traitĂ© des Noms divins VoilĂ Ă quoi nous avons Ă©tĂ© initiĂ©s par les divins Oracles. Et tu pourras trouver que, pour ainsi dire, toute lâhymnologie sacrĂ©e des thĂ©ologiens dispose, selon les processions bienfaisantes de la ThĂ©archie, par mode de rĂ©vĂ©lation et par mode de louange, les noms divins DN 589 D. La connaissance des noms divins est une initiation ». 26Et cette initiation est due Ă la philanthropie divine Câest Ă ces lumiĂšres que nous aussi avons Ă©tĂ© initiĂ©s maintenant, dâune façon qui nous est proportionnĂ©e, Ă travers les voiles sacrĂ©s, lâamour de Dieu pour lâhomme » DN 592 B. Les noms divins sont des processions bienfaisantes de la ThĂ©archie ». 27Ils sont aussi des puissances ». Câest le terme clĂ© que Denys rĂ©pĂšte pour chaque nom divin. Le terme grec est bien Ύ᜻ΜαΌÎč et non pas áŒÎœáœłÏγΔÎčα, et câest en rĂ©fĂ©rence Ă GrĂ©goire Palamas que les orthodoxes, comme Vladimir Lossky, parlent des Ă©nergies » des noms divins. Lâhymnologie sacrĂ©e dispose les noms divins par mode de rĂ©vĂ©lation et par mode de louange ». Tout le traitĂ© est une hymnologie des noms divins. 28LâidĂ©e dâune hymnologie » des noms divins se trouve chez les philosophes nĂ©oplatoniciens. Ainsi lorsque Proclus dĂ©crit le voyage de lâĂąme sur la voie des nĂ©gations, il dit que, aprĂšs avoir dĂ©passĂ© lâintelligible, elle se prosterne, comme devant le soleil », les yeux fermĂ©s et, aprĂšs avoir vu le soleil de la lumiĂšre des dieux intelligibles sortir de lâocĂ©an », descend de cette quiĂ©tude toute remplie de Dieu et chante un hymne en lâhonneur de la transcendance de lâUn CĂ©lĂ©brons-le comme par un hymne, [âŠ] et disons quâil est dieu entre tous les dieux, hĂ©nade entre les hĂ©nades, plus ineffable que tout silence et plus inconnaissable que toute existence, dieu saint, cachĂ© dans la saintetĂ© des dieux intelligibles Theol. plat. II, 11 [65, 5-15]. 29Denys reprendra cette idĂ©e dâun Dieu plus ineffable que tout silence et plus inconnaissable que toute existence ». 30Dans les Noms divins, il veut cĂ©lĂ©brer Dieu comme Monade ou HĂ©nade et comme TrinitĂ©, Ă cause de la manifestation en trois Hypostases de la FĂ©conditĂ© suressentielle de laquelle toute paternitĂ©, au ciel et sur terre, reçoit son ĂȘtre et son nom » Ep 3, 15, et comme Cause. Enfin il cĂ©lĂšbre JĂ©sus, [qui] de simple quâil Ă©tait, est devenu composĂ© et lui, lâĂternel, a pris une durĂ©e temporelle, et est devenu intĂ©rieur Ă notre nature ⊠» Lâincarnation du Christ amĂšne Denys Ă parler des symboles Lâamour de Dieu pour lâhomme [qui se dĂ©ploie] dans les Oracles et les traditions hiĂ©rarchiques, enveloppe les intelligibles sous les sensibles, les suressentiels sous les Ă©tants, et attribue forme et figure Ă ce qui est impossible Ă former et Ă figurer, multipliant et façonnant la simplicitĂ© au-dessus de la nature et sans contour par la variĂ©tĂ© des symboles partiels DN 592 B. 31Ainsi Ă partir de la DĂ©itĂ© suressentielle dont on ne peut connaĂźtre ce quâelle est, mais seulement ce quâelle nâest pas, Ă partir de la Cause de tout ce qui est, on peut connaĂźtre les noms divins, et Ă partir de lâincarnation du Christ, qui attribue forme et figure Ă ce qui est impossible Ă former et Ă figurer », on peut sâexprimer en symboles. Denys introduit ainsi les trois modes de la thĂ©ologie qui est nĂ©gative, affirmative et symbolique. Vision bĂ©atifique et transfiguration du Christ 32Cette section sur les noms divins sâachĂšve sur la thĂ©ophanie visible du Christ dans la vision de gloire, thĂ©ophanie semblable Ă celle de la transfiguration, oĂč les bienheureux seront comme les disciples au jour de cette trĂšs divine Transfiguration, participant Ă son don de lumiĂšre intelligible, dans un intellect sans passions et immatĂ©riel, et Ă lâunion au-dessus de lâintellect par les jaillissements inconnaissables et bienheureux de ses rayons surĂ©tincelants » DN 592 C. 33Lâintellect sans passion et immatĂ©riel » sera semblable aux Intellects supra-cĂ©lestes », câest-Ă -dire les Anges, et nous serons alors Ă©gaux aux Anges » áŒ°áœ±ÎłÎłÎ”Î»ÎżÎč, Lc 20, 36. 34Quant Ă lâunion au-dessus de lâintellect » avec la lumiĂšre intelligible, Denys dit que câest Ă la cessation de toute activitĂ© intellectuelle que se produit une telle union des intellects dĂ©ifiĂ©s avec la LumiĂšre plus que divine » DN I, 5, 593 B. 35Nâoublions pas que Plotin et les nĂ©oplatoniciens affirment la transcendance de lâUn premiĂšre Hypostase, par rapport Ă lâIntellect seconde Hypostase et Ă lâĂme troisiĂšme Hypostase, ce qui sous-tend les affirmations de Denys sur lâunion au-dessus de lâintellect. 36Cette union des intellects dĂ©ifiĂ©s » avec cette lumiĂšre est une union au-dessus de lâintellect » dont il ne peut y avoir une connaissance et qui est cĂ©lĂ©brĂ©e de la maniĂšre la plus appropriĂ©e par la nĂ©gation de tous les Ă©tants Μ áœÎœÎœ áŒÏαÎčÏáœłÎ” ». 37Nous retrouverons cette supĂ©rioritĂ© de la thĂ©ologie nĂ©gative dans la ThĂ©ologie mystique. Objection DN I, § 5 38Câest alors que Denys se pose lâobjection de la possibilitĂ© mĂȘme dâun discours des noms divins si la DĂ©itĂ© est supĂ©rieure Ă tout discours » Et pourtant, si la DĂ©itĂ© est supĂ©rieure Ă tout discours et Ă toute connaissance et est Ă©tablie absolument au-dessus de lâintellect et de lâessence, embrassant tout, comprenant tout, et anticipant tout, mais Ă©tant elle-mĂȘme absolument insaisissable Ă tous, et sâil nây a dâelle ni sensation, ni imagination, ni opinion, ni nom, ni parole, ni contact, ni science, comment un discours Sur les noms divins pourra-t-il ĂȘtre traitĂ© alors quâon dĂ©montre que la DĂ©itĂ© suressentielle est sans appellation et au-dessus de tout nom ? DN 593 A-B. Anonyme et polyonyme DN I, § 6. ThĂ©ologie affirmative et thĂ©ologie nĂ©gative 39Denys rĂ©pond en faisant la distinction entre la DĂ©itĂ© sans nom anonyme et la DĂ©itĂ© susceptible de tous les noms polyonyme Ce que sachant, les thĂ©ologiens la cĂ©lĂšbrent Ă la fois comme âsans nomâ áœĄ áŒÎœáœœÎœÏ
ÎŒÎżÎœ et âĂ partir de tout nomâ áŒÎș ÏαΜ᜞ áœÎœáœčÎŒÎ±Îż » DN 596 A. Celui-lĂ nâest-il pas en vĂ©ritĂ© le nom admirable, celui qui est au-dessus de tout nom ᜞ áœÏáœČÏ Ï៶Μ áœÎœÎżÎŒÎ± Ph 2, 9, le sans nom ᜞ áŒÎœáœœÎœÏ
ÎŒÎżÎœ, situĂ© au-dessus de tout nom nommĂ©, soit dans ce siĂšcle, soit dans le siĂšcle Ă venir Ep 1, 21 ? DN 596 Î. Dâautre part, comme ayant de nombreux noms ÏολÏ
᜜ΜÏ
ÎŒÎżÎœ lorsquâils la montrent inversement en train de dire Je suis celui qui est Ex 3, 14, la Vie Jn 11, 25, la LumiĂšre Jn 8, 12, Dieu Jn 1, 1, la VĂ©ritĂ© Jn 14, 6, ou lorsque les experts Ăšs choses divines eux-mĂȘmes le cĂ©lĂšbrent sous une foule de noms, Lui qui est Cause de tout DN 596 Î. Cause de tout DN I, § 7. ThĂ©ologie affirmative 40Le Dieu susceptible de nombreux noms polyonyme est la DĂ©itĂ© en tant que BontĂ©, et Providence » 597 B â et nous verrons quâun certain nombre de noms dĂ©pendent de la Providence qui dĂ©signe la relation de Dieu Ă tout ce qui est. Formes et figures humaines DN I, § 8. ThĂ©ologie symbolique 41La DĂ©itĂ© peut ĂȘtre aussi exprimĂ©e par des symboles ou des figures car, Ă cĂŽtĂ© de la thĂ©ologie nĂ©gative et de la thĂ©ologie affirmative, il y a place pour la thĂ©ologie symbolique, comme Denys le dit dans le dernier chapitre de la HiĂ©rarchie cĂ©leste, oĂč il mentionne le symbolisme du feu, du vent, du corps humain, des animaux, et du char dâĂzĂ©chiel, et dans la Lettre IX sur les nourritures de la Sagesse oĂč il parle de ces signes sacrĂ©s ጱΔÏᜰ Ï
ΜΞ᜔Όαα dont on a eu lâaudace dâuser pour reprĂ©senter Dieu, en projetant au-dehors et en multipliant les apparences visibles des choses cachĂ©es ÏαÎčΜáœčΌΔΜα Μ ÎșÏÏ
Ï᜷Μ, [âŠ] en sorte que celui qui pourrait voir la belle apparence ΔáœÏÏáœłÏΔÎčαΜ cachĂ©e Ă lâintĂ©rieur [de ces signes] les trouverait tous mystiques, conformes Ă Dieu ÎŒÏ
ÎčÎșᜰ Îșα᜶ ΞΔοΔÎčÎŽáż ÏᜱΜα et pleins dâune grande lumiĂšre thĂ©ologique EP IX, 1105 BC. 42La dĂ©couverte du sens du symbole se fait par la nĂ©gation du sensible qui dĂ©couvre en quelque sorte le noyau du fruit aprĂšs avoir enlevĂ© sa chair. La chair du fruit est le symbole, son noyau le mystĂšre. Initiation áŒÏÎżÏΔ᜷α et explication áŒÎœáœ±ÏÏ
ΟÎč 43En conclusion, Denys revient sur les deux modes de connaissance des noms divins lâinitiation et lâexplication, qui sâadressent aux sens spirituels lâune sâadresse au regard qui contemple les contemplations thĂ©ophaniques », lâautre aux oreilles » qui Ă©coutent les explications des saints noms divins » DN 597 C. 44Enfin Denys rappelle lâattitude fondamentale de ces contemplations thĂ©ophaniques » des noms divins, elles doivent ĂȘtre dirigĂ©es vers la vision de Dieu oĂč se dĂ©couvrira leur sens ultime Par une pensĂ©e dirigĂ©e vers la vision de Dieu, soyons initiĂ©s, au sens propre du terme, aux contemplations thĂ©ophaniques ᜰ ÎΔοÏÎ±ÎœÎ”áż áŒÏÎż-ÏΔ᜻ΌΔΜ, ÎșÏ
Ï᜷ ΔጰÏΔáżÎœ, ΞΔÏ᜷α et ouvrons les oreilles saintes aux explications áŒÎœÎ±Ï᜻ΟΔÎč saintes des saints noms divins DN 597 B. Du Bien au Bien ou du Bien Ă lâUn la disposition des noms divins 45Quel est maintenant le plan des Noms divins ? Processions, providences et puissances 46Le traitĂ© des Noms divins commence par une priĂšre Ă la TrinitĂ© qui est Principe du Bien et au-dessus du Bien » Examinons la dĂ©nomination parfaite du Bien qui manifeste toutes les processions de Dieu, aprĂšs avoir invoquĂ© la TrinitĂ© qui est principe du Bien et au-dessus du Bien et qui manifeste la totalitĂ© de ses trĂšs bonnes providences. Car câest vers elle comme Principe du Bien quâil nous faut nous Ă©lever par la priĂšre DN III, 1, 680 B. 47La contemplation comme la priĂšre est une Ă©lĂ©vation de lâesprit » vers Dieu. Î ÏáœčοΎο, ÎŒÎżÎœáœ”, áŒÏÎčÏÎżÏ᜔ 48La TrinitĂ© est principe du Bien, et le Bien est le principe de tout ce qui est Le Bien est, comme disent les Oracles, ce Ă partir de quoi toutes choses ont surgi et sont comme produites par une cause absolument parfaite, et en quoi toutes choses subsistent, comme en un fondement tout-puissant qui les garde et les maĂźtrise, et vers quoi toutes choses se convertissent, comme le terme propre Ă chacune et ce Ă quoi toutes choses aspirent DN IV, 4, 700 B. 49Câest le mouvement de la procession ÏÏáœčοΎο, de la conversion áŒÏÎč-ÏÎżÏ᜔ et de la permanence ÎŒÎżÎœáœ” qui structure lâensemble des noms divins. Denys dit quâil y a un mouvement de procession et de conversion du Beau et du Bien vers le Beau et le Bien DN IV, 10, 705 C-D et que Dieu est Principe, comme Cause et Fin » DN V, 10, 825 B. 50Il ne faut pas distinguer trois parties du traitĂ© correspondant aux trois moments de la procession, de la permanence et de la conversion. Cependant il y a trois noms divins dont Denys dit expressĂ©ment quâils sont agents ou effets de la conversion des Ă©tants il sâagit de la LumiĂšre DN IV, 3, 701 B, de la Similitude DN IX, 6, 913 C et de la Paix DN XI, 952 A. 51Dâautre part, Denys dit, au chapitre X, que le Tout-Puissant et lâAncien des Jours sont des noms qui concernent le procĂšs du principe Ă la fin áŒÎŒÏÎżáżÎœ ᜞ áŒÎŸ áŒÏÏáż ÎŽÎčᜰ ÏÎŹÎœÎœ áŒÏÏÎč ÎλοÏ
αáœáœžÎœ ÏÏÎżÏÎΜαÎč ÎŽÎčΎαÎșΜΜ, 937 B, ce qui est aussi vrai de la Paix. Enfin la Cause de tout » est Ă la fois appelĂ©e Dieu des dieux » chap. XII et Un » chap. XIII. 52LâunitĂ© de la structure des Noms divins doit ĂȘtre cherchĂ©e dans la Ύ᜻ΜαΌÎč, car seule la puissance permet de penser lâunitĂ© des deux mouvements de procession et de conversion, et plus particuliĂšrement dans cette puissance unitive » vis unitiva quâest lâĂ©ros, comme lâenseigne HiĂ©rothĂ©e dans ses Hymnes sur lâamour DN IV, 15-17. En cela lâAmour divin se montre, de maniĂšre singuliĂšre, sans fin ni principe, comme un cercle perpĂ©tuel qui, Ă cause du Bien, Ă partir du Bien, dans le Bien et vers le Bien ᜄÏÎ”Ï Îč áŒÎÎŽÎčÎż Îș᜻Îșλο ÎŽÎčᜰ áŒÎłÎ±ÎžáœčΜ, áŒÎș áŒ-γαΞοῊ Îșα᜶ áŒÎœ áŒÎłÎ±Îž Îșα᜶ Δጰ áŒÎłÎ±ÎžáœčΜ, parcourt une orbite impeccable ; et dans le mĂȘme et selon le mĂȘme, il ne cesse de procĂ©der, de demeurer et de revenir au mĂȘme point. Câest cela que notre illustre initiateur a exposĂ©, de façon inspirĂ©e, dans ses hymnes sur lâamour DN IV, 14, 712 D-713 A. 53LâĂ©ros apparaĂźt alors comme la puissance qui meut tous les ĂȘtres vers Dieu, comme lâa bien vu Dante, Ă la fin de la Divine comĂ©die, pour qui lâamour meut le monde et les Ă©toiles, et le mouvement des Noms divins il nây a quâune seule puissance qui Ă la fois sort de Dieu, comme une force amoureuse surabondante, se dĂ©verse de la source originelle, des supĂ©rieurs aux infĂ©rieurs, poussant les infĂ©rieurs Ă se retourner vers les supĂ©rieurs DN IV, 15, 713 A-B, et qui revient Ă Dieu, attirĂ©e par sa fin qui est aussi son principe. 54Ce cercle perpĂ©tuel » de lâamour le conduit de la ÎŒÎżÎœáœ” Ă la ÏÏáœčοΎο et de nouveau de lâáŒÏÎčÏÎżÏ᜔ Ă la ÎŒÎżÎœáœ”, de lâUn au multiple et de nouveau du multiple Ă lâUn. Car lâamour unifie tout dans lâUn, il est la puissance unifiante ». Tous les noms sont appelĂ©s des puissances » DN 645 A et la Puissance est un des noms divins chap. VIII, mais seuls lâĂros DN IV, 709 D et la Paix DN XI, 952 A sont appelĂ©s puissance unifiante » ÎŽÏΜαΌÎč áŒÎœÎżÏοίο. Lâamour est au cĆur des Noms divins, parce quâil est la cause et lâunitĂ© du mouvement circulaire ÎŒÎżÎœáœ”, ÏÏáœčοΎο, áŒÏÎčÏÎżÏ᜔. 55Mais quelles sont la structure et lâunitĂ© des Noms divins ? Pour Ă©tablir le plan des Noms divins, il faut noter les phrases charniĂšres », au dĂ©but de chaque chapitre, elles nous permettent de voir lâarticulation du plan des Noms divins dâaprĂšs le texte mĂȘme de ce traitĂ© et non dâaprĂšs une structure arbitraire, extĂ©rieure au texte. 56Comme Thomas dâAquin dans son Exposition sur les Noms divins, je distingue deux parties la premiĂšre sur Dieu chap. I-III et la seconde sur les processions » chap. IV-XIII, considĂ©rĂ©es en tant quâelles sont » les noms Ă©tiologiques », câest-Ă -dire de la Cause, le Bien, le Beau, lâAmour chap. IV, et la triade Ătre, Vie, Sagesse chap. V-VII et se perfectionnent » les noms sotĂ©riologiques », la Puissance, la Justice, le Salut, chap. VIII, en tant quâelles se comparent entre elles » les noms opposĂ©s », le Grand, le Petit, chap. IX, dont le rĂ©sultat est lâordre pacifique de la crĂ©ation », câest-Ă -dire la Paix, chap. XI, en tant quâelles sont ordonnĂ©s Ă une fin » la sanctification et la seigneurie de Dieu sur lâunivers, chap. XII, et enfin, les noms de la fin elle-mĂȘme ou les noms de la Cause, qui sont uniquement le Parfait et lâUn chap. XIII. 57Le grand mouvement de procession et de conversion des noms divins commence avec le Bien et sâachĂšve avec lâUn, et ce mouvement est un mouvement circulaire qui va du Bien au Bien » Il nâexiste quâune seule puissance simple qui se meut dâelle-mĂȘme vers une sorte de fusion unifiante áŒÎœÎčÎș᜔Μ ÎčΜα ÎșÏ៶ÎčΜ Ă partir du Bien jusquâau dernier des Ă©tants, et qui, Ă partir de celui-ci, se recourbe elle-mĂȘme en cercle Ă travers tous [les Ă©tants], Ă partir dâelle-mĂȘme et par elle-mĂȘme et sur elle-mĂȘme et sâenroule toujours de la mĂȘme façon sur elle-mĂȘme DN IV, 14, 713 D. 58Mais, au-delĂ mĂȘme du Bien Cause de tout, la procession des noms a sa source dans lâunion áŒÎœÎč et la distinction ÎŽÎčÎŹÎșÏÎčÎč divines au sein mĂȘme de la TrinitĂ©, au chapitre II, et sâachĂšve avec la conversion de tout vers lâUn áŒÎœ, qui fait lâunitĂ© de tous les attributs positifs », au chapitre XIII. De lâUnion áŒÎœÎč Ă lâUn áŒÎœ tel est le mouvement et le plan du traitĂ© des Noms divins, qui est vĂ©ritablement un traitĂ© thĂ©ologique. Le divin Ăros 59Il y a pourtant un nom divin qui est Ă part car il est au cĆur du mouvement de procession ÏÏáœčοΎο et de conversion áŒÏÎčÏÎżÏ᜔ des noms divins qui va du Bien au Bien », câest lâĂros, lâamour divin ᜠΞΔáżÎż áŒÏ. 60Denys a Ă©tĂ© directement influencĂ© par le Commentaire de Proclus sur le Premier Alcibiade de Platon. Cependant la conception dionysienne de lâĂ©ros a une autre source que Proclus, câest OrigĂšne. LĂ encore il y a deux sĂ©ries de sources, nĂ©oplatoniciennes et chrĂ©tiennes. Le Commentaire sur le Premier Alcibiade de Proclus 61Du Commentaire sur le Premier Alcibiade de Proclus, Denys a repris le principe unitaire et primordial de lâamour áŒĄ áŒÎœÎčα᜷α Îșα᜶ ÏÏÎżÏ
ÏÎłáœž οῊ áŒÏÎż áŒÏÏ᜔ et le caractĂšre mĂ©diateur de lâamour entre lâunion et la distinction câest lĂ oĂč existent Ă la fois unitĂ© et distinction entre les ĂȘtres quâapparaĂźt lâamour comme mĂ©diateur áœ
ÏÎżÏ
ÎŽáœČ áŒĄ áŒÎœÎč Îșα᜶ áŒĄ ÎŽÎčᜱÎșÏÎčÎč Μ áœÎœÎœ, áŒÎșΔῠÎșα᜶ ᜠáŒÏ ÎŒáœłÎż áŒÎŸáœłÏηΜΔ. Car il est le lien Ï
ΜΎΔÎčÎș᜞ Îłáœ±Ï áŒÎč des ĂȘtres sĂ©parĂ©s, celui qui unit Ï
ÎœÎ±ÎłÎłáœč les ĂȘtres qui viennent Ă sa suite Ă ceux qui le prĂ©cĂšdent, celui qui convertit áŒÏÎčÏΔÏÎčÎșáœč les ĂȘtres de second rang vers ceux du premier, celui qui Ă©lĂšve et perfectionne les ĂȘtres plus imparfaits. Lâamour agit en Ă©levant ceux qui ont part Ă la puissance qui procĂšde de lui vers le Beau et en crĂ©ant, en tous les ĂȘtres, un lien unique et une amitiĂ© unique et indissoluble, et entre ces ĂȘtres et avec le Beau lui-mĂȘme » In Alc., p. 33, l. 9-14. 62La dĂ©finition de lâamour comme puissance unifiante » a eu, dans sa traduction latine vis unitiva, une grande fortune dans tout le Moyen Ăge. On la trouve chez Thomas dâAquin aussi bien dans son Commentaire des Noms divins â Câest pourquoi lâamour est le lien des amants, car, selon Denys, au chapitre 4 des Noms divins, il est une sorte de force unitive » Praeterea, amor est nexus amantium quia secundum Dionysium, cap. 4 De divinis nominibus est quaedam vis unitiva â, que dans la Somme ThĂ©ologique, Ă propos de lâEsprit Saint S. T., Ia, q. 37, a. 1, obj. 3. Ăros et agapĂš chez OrigĂšne 63Cependant la conception dionysienne de lâĂ©ros a une autre source que Proclus, câest OrigĂšne. Du Commentaire sur le Cantique des Cantiques dâOrigĂšne, Denys a retenu le nom mĂȘme dâĂ©ros donnĂ© Ă Dieu ainsi que les deux citations de Pr 4, 6-8 sur la Sagesse, et de la Lettre aux Romains dâIgnace dâAntioche, Mon Ă©ros a Ă©tĂ© crucifiĂ© » Ad Rom. 7, 2 qui se trouvent toutes deux Ă la fois dans le Prologue § 25 et 36 du Commentaire dâOrigĂšne et dans les Noms divins. 64Il est sans importance que, dans les divines Ăcritures on dise amour, ou charitĂ©, ou tendresse utrum amor dicatur an caritas an dilectio, si ce nâest que le nom de charitĂ© est dâune telle Ă©lĂ©vation que mĂȘme Dieu lui-mĂȘme est appelĂ© charitĂ©, au dire de Jean Mes bien-aimĂ©s, aimons-nous les uns les autres, car la charitĂ© est de Dieu, et quiconque aime est nĂ© de Dieu et connaĂźt Dieu. Mais celui qui nâaime pas ne connaĂźt pas Dieu, car Dieu est charitĂ© » 1 Jn 4, 7 In Cant., prol., § 25. 65DĂšs lors, il importe peu que lâon dise que Dieu est aimĂ© ou quâil est chĂ©ri, et je ne pense pas que lâon puisse ĂȘtre blĂąmĂ© si on donne Ă Dieu le nom dâ Amour » Ă©ros, comme Jean celui de charitĂ© » agapĂš. Ainsi, je me rappelle quâun des saints du nom dâIgnace, a dit du Christ Mon Amour est crucifiĂ© », et pour cela je ne le juge pas digne de blĂąme In Cant, prol. § 36. Ăros chez GrĂ©goire de Nysse 66Ă la suite dâOrigĂšne, GrĂ©goire de Nysse, dans les HomĂ©lies sur le Cantique des Cantiques, explique pourquoi Ă©ros traduit mieux que agapĂš lâexcĂšs de lâamour La nature humaine ne peut exprimer ce surplus [quâest lâamour divin]. Aussi a-tâelle pris pour symbole pour nous faire comprendre son enseignement ce quâil y a de plus violent ᜞ ÏοΎÏáœčÎ±ÎżÎœ dans les passions qui sâexercent en nous, je veux dire la passion de lâamour áŒÏÎčÎș᜞Μ Ïáœ±ÎžÎż, afin que nous apprenions par-lĂ que lâĂąme qui a les yeux fixĂ©s áŒÎœÎ±Î”Îœáœ·Î¶ÎżÏ
αΜ sur la BeautĂ© inaccessible de la nature divine, est Ă©prise áŒÏ៶Μ dâelle, autant que le corps a de penchant pour ce qui lui est connaturel Ï
ÎłÎłÎ”Îœáœł, changeant en apathie la passion, en sorte que toute disposition charnelle Ă©tant Ă©teinte, notre Ăąme brĂ»le en nous amoureusement áŒÏÎčÎș de la seule flamme de lâEsprit Oratio I, 773 B-C. 67GrĂ©goire reprend aussi dans ses HomĂ©lies sur le Cantique des Cantiques, la citation des Proverbes 4, sur la Sagesse que Denys citera Ă©galement Aime-la passionnĂ©ment, et elle te gardera ; Ă©treins-la, et elle tâĂ©lĂšvera, honore-la pour quâelle tâembrasse » puisque câest la Sagesse qui te le dit, aime áŒÎłáœ±ÏÎ·ÎżÎœ autant que tu le peux, de tout ton cĆur, de toutes tes forces, dĂ©sire autant que tu le pourras. Mais jâajouterai audacieusement ces paroles Aime passionnĂ©ment áŒÏᜱΞηÎč, car la passion est irrĂ©prĂ©hensible et impassible, quand elle sâadresse Ă des ĂȘtres incorporels Oratio I [GNO 6, 23]. 68Lâamour passionnĂ© de la Sagesse Pr 4, 6 et la crucifixion de lâamour Ă©ros selon Ignace dâAntioche, sont les modĂšles de lâĂ©ros chrĂ©tien. Mais avant Ignace dâAntioche ou OrigĂšne, le modĂšle de Denys lâArĂ©opagite est Paul de Tarse, comme il le dit dans les Noms divins. Saint Paul et lâamour extatique2 2 Cf. Y. de Andia, Henosis. Lâunion Ă Dieu chez Denys lâArĂ©opagite Philosophia antiqua 71, Leiden, ... Mais lâamour divin est Ă©galement extatique, ne laissant pas les amants sâappartenir Ă eux-mĂȘmes, mais Ă ceux quâils aiment. La preuve câest que les supĂ©rieurs sont faits [pour ĂȘtre] la providence des infĂ©rieurs, les Ă©gaux pour une cohĂ©sion mutuelle, et les infĂ©rieurs pour une conversion plus divine vers les premiers. Câest pourquoi le grand Paul, possĂ©dĂ© par lâamour divin et ayant reçu part Ă sa puissance extatique, dit de sa bouche inspirĂ©e Je vis, mais non plus moi, câest le Christ qui vit en moi » ; en vĂ©ritable amant sorti de lui », comme il le dit lui-mĂȘme, pour Dieu », vivant non plus sa propre vie, mais celle de Celui quâil aime, comme trĂšs aimĂ©e DN IV, 13, 712 A. 69La preuve » de la puissance extatique » áŒÎșαÎčÎșᜎ Ύ᜻ΜαΌÎč de lâamour, câest quâil pousse les ĂȘtres Ă sortir dâeux-mĂȘmes pour ĂȘtre la providence ÏÏáœčÎœÎżÎčα des infĂ©rieurs, la cohĂ©sion Ï
ÎœÎżÏ᜔ des Ă©gaux entre eux et la conversion áŒÏÎčÏÎżÏ᜔ des infĂ©rieurs envers les supĂ©rieurs. 70Denys fonde le caractĂšre extatique de lâĂ©ros sur la parole de saint Paul dans lâĂ©pĂźtre aux Galates Je vis, mais non plus moi, câest le Christ qui vit en moi » Ga 2, 20. Le participe parfait áŒÎŸÎ”ηÎș᜜ caractĂ©rise Paul qui, en vĂ©ritable amant, est sorti de lui » cf. 2 Co 5, 13 et ne vit plus sa propre vie, mais celle de Celui quâil aime. 71Cette loi de lâAmour divin de ne plus sâappartenir Ă soi-mĂȘme, mais de sortir de soi par amour, est celle de Dieu lui-mĂȘme lâextase de lâhomme en Dieu se double de lâextase de Dieu en lâhomme. Denys poursuit Mais il faut aussi oser dire, dans lâintĂ©rĂȘt de la vĂ©ritĂ©, ceci Lui-mĂȘme, Cause de tout, par lâAmour beau et bon de tous les ĂȘtres, dans la surabondance de sa BontĂ© amoureuse, sort de lui-mĂȘme par ses providences Ă lâĂ©gard de tous les Ă©tants et, pour ainsi dire, se laisse sĂ©duire par la bontĂ©, la dilection et lâamour ; et, de sĂ©parĂ© [quâil Ă©tait] de tout et au-dessus de tout, il se laisse entraĂźner Ă [ĂȘtre] en tous selon la puissance suressentielle par laquelle il sort de lui-mĂȘme sans se sĂ©parer de lui-mĂȘme DN IV, 13, 712 A-B. 72Lâextase de lâAmour divin se manifeste dans sa providence et sa puissance il sort de lui-mĂȘme áŒÎŸ áŒÎ±Ï
οῊ Îłáœ·ÎœÎ”Î±Îč par ses providences Ă lâĂ©gard de tous les Ă©tants », sans se sĂ©parer de lui-mĂȘme » áŒÎœÎ”ÎșÏÎżáœ·Î·ÎżÎœ áŒÎ±Ï
οῊ. 73La procession ÏÏáœčοΎο hors de soi est insĂ©parable de la permanence ÎŒÎżÎœáœ” en soi. La doctrine de HiĂ©rothĂ©e 74Cette triple dimension de lâamour comme liaison entre les Ă©gaux, providence envers les infĂ©rieurs et conversion vers les supĂ©rieurs, se retrouve Ă©galement dans les Hymnes sur lâamour du TrĂšs saint HiĂ©rothĂ©e Lâamour, que nous appellerions soit divin, soit angĂ©lique, soit intellectuel, soit psychique, soit physique, concevons-le comme une puissance dâunification et de mĂ©lange qui meut les ĂȘtres supĂ©rieurs Ă [devenir] la providence envers les infĂ©rieurs, les ĂȘtres de mĂȘme rang, Ă leur tour, vers une liaison mutuelle, et, en dernier lieu, ceux qui sont situĂ©s en bas Ă la conversion vers les meilleurs qui sont placĂ©s au-dessus DN IV, 15, 713 A-B. 75Nous retrouvons le Commentaire sur le Premier Alcibiade de Proclus. 76HiĂ©rothĂ©e rĂ©partit ou classe les amours multiples, dans lâordre de la procession, Ă partir dâun seul áŒÎș οῊ áŒÎœáœč, puis, il les ramĂšne, dans un mouvement de conversion, Ă lâAmour unique Δጰ ᜞Μ áŒÎœÎ± [âŠ] áŒÏα. 77Lâamour, puissante unifiante » qui ramĂšne le multiple Ă lâUn, nâest autre que lâAmour unique et unifiĂ© qui est leur pĂšre Δጰ ᜞Μ áŒÎœÎ± Îșα᜶ Ï
ΜΔÏÏ
Îł-ÎŒáœłÎœÎżÎœ áŒÏα Îșα᜶ ÏᜱΜΜ αáœÎœ ÏÎ±áœłÏα ». Il est lâAmour divin ᜠΞΔáżÎż áŒÏ dont il a Ă©tĂ© question aux § 10 DN 708 B et 13 712 A de ce chapitre IV. La paternitĂ© » de cet Amour unique indique quâil engendre les multiples amours et les transcende. 78Il doit ĂȘtre distinguĂ© de lâamour total qui procĂšde de tous les Ă©tants ᜠáŒÎș Μ áœÎœÎœ áŒÏᜱΜΜ áœÎ»ÎčÎș᜞ áŒÏ par lâorigine mĂȘme de la procession lâAmour divin ᜠΞΔáżÎż áŒÏ Ă cause du Bien, Ă partir du Bien, dans le Bien et vers le Bien » 708 B parcourt comme un cercle », tandis que lâamour total ᜠáœÎ»ÎčÎș᜞ áŒÏ, qui procĂšde de tous les Ă©tants », sâĂ©lĂšve vers la Cause absolue de tout amour. LâAmour divin engendre lâamour dans les Ă©tants qui, Ă leur tour, dĂ©sirent la Cause de tout amour. 79Enfin HiĂ©rothĂ©e dit quâil faut rĂ©duire lâamour total » et lâAmour divin » Ă un seul Amour Allons plus loin, rĂ©duisant maintenant Ă lâun ces [deux puissances], disons quâil nâexiste quâune seule puissance simple et qui se meut dâelle-mĂȘme vers une sorte de fusion unifiante Ă partir du Bien jusquâau dernier des Ă©tants, et, Ă partir de celui-ci, en sens inverse et de maniĂšre suivie, se recourbant elle-mĂȘme en cercle Ă travers tous [les Ă©tants] vers le Bien, Ă partir dâelle-mĂȘme et par elle-mĂȘme et sur elle-mĂȘme et sâenroulant toujours de la mĂȘme façon sur elle-mĂȘme DN IV, 17, 713 D. 80LâĂros divin, cette puissance simple », qui parcourt un cercle Ă partir du Bien jusquâau dernier des Ă©tants » et Ă travers tous les Ă©tants vers le Bien », opĂšre une sorte de fusion unifiante » entre les Ă©tants. 81Cette puissance simple » Ό᜷α Îč áŒÏÎ»áż ÎŽáœ»ÎœÎ±ÎŒÎč est Ă©galement la puissance suressentielle » áœÏΔÏÎżáœ»ÎčÎż Ύ᜻ΜαΌÎč dont il est question au § 13 et dans la Lettre IX En les contemplant de la sorte, nous pourrons vĂ©nĂ©rer cette Source de Vie qui sâĂ©panche en soi-mĂȘme et qui demeure en soi-mĂȘme, cette Puissance unique, simple, qui se meut et agit spontanĂ©ment, qui ne sort pas de soi-mĂȘme, mais qui constitue en soi la connaissance de toutes les connaissances, car elle ne cesse jamais de se contempler elle-mĂȘme EP IX, 1104 B-C. 82Câest dans cette Lettre IX sur les nourritures de la Sagesse que Denys, Ă propos de lâivresse de la Sagesse, dit que Dieu lui-mĂȘme est hors de soi » Et si lâhomme ivre est hors de son bon sens, appliquant lâimage Ă Dieu, on doit comprendre que, dans sa transcendance qui est au-delĂ de toute intelligence, il se sĂ©pare de lâacte intellectif, se situant au-delĂ mĂȘme du plan oĂč se distinguent intellection et intelligible, au-delĂ mĂȘme de toute existence. Ivre de tout bien possible, affirmons simplement que Dieu est ainsi hors de soi, car câest trop peu dire de lui attribuer tout ensemble la plĂ©nitude de tous les biens. Il surpasse toute dĂ©mesure et, en mĂȘme temps sa demeure est extĂ©rieure et transcendante Ă tout ce qui existe EP IX, 112 C. 83Telle est la doctrine de HiĂ©rothĂ©e, son illustre initiateur » comme Denys le nomme, dans ses Hymnes sur lâamour DN IV, 15-17. 84 Dieu est amour » ᜠÏΔ᜞ áŒÎłáœ±Ïη áŒáœ·Îœ 1 Jn 4, 8, et cette passion dâamour áŒÏ a poussĂ© Dieu Ă sortir de lui-mĂȘme et Ă produire dans lâexistence des ĂȘtres qui dĂ©sirent revenir Ă leur Auteur et sâunir Ă Lui, en sâunissant les uns aux autres. Le silence devant lâIneffable Le silence 85Nous avons vu que, dans le premier chapitre des Noms divins, Denys disait quâil faut honorer dâune part le secret de la ThĂ©archie, secret au-dessus de lâintellect et de lâessence, avec un respect sacrĂ© de lâintellect qui sâinterdit toute investigation, et, dâautre part, les rĂ©alitĂ©s ineffables, avec un chaste silence » DN I, 2, 589 B. 86Le respect sacrĂ© » et le chaste silence » sont la rĂ©ponse de lâhomme au secret » divin. 87Le respect » ΔáœÎ»áœ±ÎČΔÎčα, terme du vocabulaire religieux indique Ă la fois la crainte des dieux, la rĂ©serve, la rĂ©vĂ©rence, le respect et la piĂ©tĂ© envers eux, comme le dit Plutarque voir Numa 22. 88Le silence ÎčÎłáœ” est exigĂ© du cĂ©lĂ©brant dans la cĂ©lĂ©bration des mystĂšres paĂŻens Garde le silence, ĂŽ myste ! » Orac. Chald. 132. 89Câest une forme de priĂšre dans le nĂ©oplatonisme Plotin dit quâil faut ĂȘtre unis Ă Dieu, prĂ©sent dans le silence » Enn. V, 8 [13] 11, 5-6 et Proclus que câest par le silence quâil faut cĂ©lĂ©brer lâineffabilitĂ© de lâUn et sa causalitĂ© sans cause, supĂ©rieure Ă toutes les causes » Theol. plat. II, 9 [58, 23-24]. Car lâUn est plus ineffable que tout silence » Theol. plat. II, 11 [65, 13]. Comment, en effet lâĂąme pourrait-elle sâunir au plus ineffable de tous les ĂȘtres autrement quâen faisant taire en elle-mĂȘme toute parole inutile ? » Trois Ă©tudes sur la Providence, III, 54, 17-19. 90De mĂȘme selon Damascius Celui-lĂ [lâIndicible], câest par un silence parfait quâil faut lâhonorer, et dâabord mĂȘme par une inconnaissance parfaite, celle qui tient toute connaissance pour indigne » De prim. princ., t. I, 5. Enfin Porphyre dit, dans le De abstinentia II, 34, quâil faut prier par le silence pur » ÎŽÎčᜰ ÎčÎłáż ÎșαΞαÏ៶. 91Pour Denys lâArĂ©opagite, plusieurs termes disent lâau-delĂ de la parole le silence ÎčγΟ, lâabsence de parole áŒÎ»ÎżÎłÎŻÎ± ou de voix áŒÏÎœÎŻÎ± et lâIneffable áŒÏΞÎÎłÎșÎż. 92Il y a diffĂ©rents silences chez Denys 1 le silence ÎčγΟ comme respect » devant les rĂ©alitĂ©s ineffables, 2 le silence comme absence de la parole áŒÎ»ÎżÎłÎŻÎ± et 3 lâunion sans parole avec lâIneffable áŒÏΞÎÎłÎșÎż, 4 dans la TĂ©nĂšbre plus que lumineuse du silence initiateur du secret » ᜠáœÏáœłÏ-ÏÎż áż ÎșÏÏ
ÏÎčÎżÎŒáœ»ÎżÏ
ÎčÎłáż ÎłÎœáœčÏÎż MT I, 1, 997 B. Le silence comme respect sacrĂ© » du secret de la DĂ©itĂ© 93Le silence est dit chaste » ou sage » ÏÏÏÎżÎœ car il ne cherche pas Ă pĂ©nĂ©trer le secret au-delĂ de lâintellect » ᜞ áœÏáœČÏ ÎœÎżáżŠÎœ. Denys se tait devant les rĂ©alitĂ©s qui le dĂ©passent. Ce sont les derniers mots de la HiĂ©rachie cĂ©leste Nous avons souci tout ensemble de maintenir notre propos dans de justes proportions et dâhonorer par notre silence le secret qui nous dĂ©passe Îșα᜶ ᜎΜ áœÏáœČÏ áŒĄÎŒáŸ¶ ÎșÏÏ
ÏÎčηα ÎčÎłáż ÎčÎŒÎźÎ±ÎœÎ” » CH 340 B. 94Dans ce texte de la HiĂ©rarchie cĂ©leste, comme dans le prĂ©cĂ©dent des Noms divins, le silence honore » ÎčΌΠle secret » divin. 95Non seulement lâhomme, mais aussi lâAnge se taisent devant lâIneffable. 96Lâange, dit Denys dans le chapitre des Noms divins sur le mal, fait resplendir sans mĂ©lange en lui-mĂȘme, autant que possible, la bontĂ© du silence du Sanctuaire inaccessible ᜎΜ áŒÎłÎ±ÎžÎ·Î± áż áŒÎœ áŒÎŽÏÎżÎč Îčγῠ» DN IV, 22, 724 B. 97Il faut se tourner vers la ThĂ©ologie mystique pour dĂ©couvrir le silence Ă la fois comme terme de la remontĂ©e vers Dieu et comme attribut de la TĂ©nĂšbre elle-mĂȘme qui est nommĂ©e TĂ©nĂšbre lumineuse du silence ». Le silence comme absence de la parole áŒÎ»ÎżÎłÎŻÎ± 98Dans le troisiĂšme chapitre de la ThĂ©ologie mystique, Denys oppose lâabondance ÏολÏ
λογία du discours symbolique Ă la briĂšvetĂ© du discours ÎČÏαÏÏ
λογία intellectuel et enfin Ă lâabsence de parole áŒÎ»ÎżÎłÎŻÎ± de lâunion mystique Montant dâen bas vers ce qui est au-dessus, selon la mesure de sa remontĂ©e, il se restreint et, Ă la fin de toute la remontĂ©e, il perdra tout Ă fait la voix et sâunira complĂštement Ă lâIneffable » MT III, 1033 A-C. 99Lâascension mystique se double dâune diminution et, Ă la fin de la montĂ©e, dâune perte totale de la parole. Câest aphone » que MoĂŻse arrive au sommet du SinaĂŻ. Lâunion avec lâIneffable áŒÏΞÎÎłÎșÎż 100Dans la ThĂ©ologie mystique, Dieu est nommĂ© Ă la fois lâIneffable » MT 1033 C et Celui qui est totalement inconnu ᜠÏαΜΔλ áŒÎłÎœÎż » MT 1001 A. 101Il y a comme un traitĂ© des noms divins nĂ©gatifs, qui est la reprise des noms de Dieu du traitĂ© des Noms divins, mais sur le mode nĂ©gatif. En face de ces noms divins nĂ©gatifs, Denys note une sĂ©rie dâattitudes nĂ©gatives qui sont requises pour lâentrĂ©e dans la TĂ©nĂšbre de lâinconnaissance et la rencontre avec le Dieu ineffable et inconnaissable la privation dâintelligibilitĂ© áŒÎœÎżÎ·ÎŻÎ± devant le Dieu inintelligible áŒÎœÎżÏ
, la privation ou lâabsence de parole áŒÎ»ÎżÎłÎŻÎ± devant le Dieu indicible áŒÎ»ÎżÎłÎż, le fait de se taire ou le mutisme áŒÏÎžÎ”ÎłÎŸÎŻÎ± devant le Dieu silencieux ou muet áŒÏΞΔγÎșÎż, la cĂ©citĂ© áŒÎČλΔÏία devant le Dieu invisible áŒÏαο, et enfin lâinconnaissance áŒÎłÎœÎŻÎ± devant le Dieu inconnaissable áŒÎłÎœÎż. 102Dieu pourra ĂȘtre dit Silence ÎčγΟ, Repos áŒĄÏ
Ïία, IneffabilitĂ© áŒÏΞΔγ-ÎŸÎŻÎ±. Il Ă©chappe Ă toute vision et Ă tout contact comme Ă toute connaissance. Câest pourquoi le mystique, pour le connaĂźtre, doit procĂ©der Ă une ligature » de toutes les opĂ©rations des sens et de lâintelligence suspension de toute connaissance ou absence de toute activitĂ© intellectuelle áŒÎœÎ”ΜΔÏγηία, fermeture de la bouche áŒÏÎžÎ”ÎłÎŸÎŻÎ±, fermeture des yeux áŒÎČλΔÏία, absence de vision et de connaissance áŒÎłÎœÎŻÎ±. 103Et de mĂȘme que Dieu demeure inconnaissable en lui-mĂȘme, lâunion Ă Dieu se fait selon un mode inconnaissable. Comme le couple dâadjectifs ineffable et inconnaissable áŒÏΞΔγÎșÎż Îșα᜶ áŒÎłÎœÎż qualifie le mystĂšre divin, le couple dâadverbes correspondants áŒÏΞÎÎłÎș Îșα᜶ áŒÎłÎœÏ qualifie le mode de lâunion Ă Ce qui est ineffable et inconnaissable » Nous sommes unis, dâune maniĂšre ineffable et inconnaissable, Ă ce qui est ineffable et inconnaissable » DN 585 B. Aussi bien les unions ineffables et inconnaissables » áŒÏÏηοί Δ Îșα᜶ áŒÎłÎœÎżÎč DN 593 C des anges que celles des intellects humains se font sous un mode inconnaissable. 104Le dernier silence que mentionne Denys, dans la ThĂ©ologie mystique, est celui de la TĂ©nĂšbre elle-mĂȘme quâil nomme TĂ©nĂšbre lumineuse du silence ». La TĂ©nĂšbre lumineuse du silence » et lâIneffable 105La ThĂ©ologie mystique commence par une priĂšre Ă la TrinitĂ© TrinitĂ© suressentielle, plus que divine et plus que bonnne, toi qui veilles sur la divine sagesse des chrĂ©tiens, dirige-nous vers la plus haute cime plus quâinconnaissable et plus que lumineuse des Oracles mystiques, lĂ oĂč les mystĂšres simples, absolus et immuables de la thĂ©ologie ont Ă©tĂ© ensevelis dans la TĂ©nĂšbre plus que lumineuse du silence initiateur du secret, faisant surĂ©tinceler dans lâobscuritĂ© la plus profonde la lumiĂšre la plus Ă©clatante et, dans ce qui est complĂštement impalpable et invisible, emplissant outre mesure de splendeurs de toute beautĂ© les intellects aux yeux clos MT I, 1, 997 B. La TĂ©nĂšbre plus que lumineuse du silence initiateur du secret » 106DĂ©jĂ GrĂ©goire de Nysse, dans la Vie de MoĂŻse V. M. II, 163, nomme la TĂ©nĂšbre TĂ©nĂšbre lumineuse » λαΌÏÏ᜞ ÎłÎœÏÎż, mais il nâassocie pas, comme Denys, la lumiĂšre au silence. Chez GrĂ©goire, il sâagit dâun oxymoron, dâune opposition de deux contraires la lumiĂšre et la tĂ©nĂšbre, chez Denys, de la voie dâĂ©minence la TĂ©nĂšbre est dite TĂ©nĂšbre » parce quâelle est qualifiĂ©e superlativement comme plus que lumineuse » et cela correspond Ă la dĂ©finition quâil en donne dans la Lettre V, en prĂ©sentant la TĂ©nĂšbre comme lumiĂšre inaccessible » 1073 A, selon la doxologie de 1 Tm 6, 16 Dieu qui seul possĂšde lâimmortalitĂ©, qui habite une lumiĂšre inaccessible, que nul homme nâa vu ni ne peut voir ». 107Dans la fin de ce paragraphe, Denys poursuit la mĂ©taphore lumineuse, mais il donne la raison de ce silence » devant les mystĂšres simples de la thĂ©ologie » et la TĂ©nĂšbre du silence ». Le simple » et lâimmuable » ne peuvent ĂȘtre dits par un discours, et la thĂ©ologie des mystĂšres » est un ensevelissement » dans la TĂ©nĂšbre qui repose sur la cime des Oracles mystiques », comme sur le sommet du SinaĂŻ. 108Toute la thĂ©ologie » est un discours, un logos, qui est fondĂ© sur la Parole de Dieu, ce quâil nomme les Oracles mystiques », et la Sagesse de cette connaissance chap. VII est la Sagesse des chrĂ©tiens ». Cependant la thĂ©ologie mystique », comme le dit Denys Ă la fin de ce petit traitĂ©, sâachĂšve dans lâunio mystica qui est au-delĂ de toute parole, de la thĂ©ologie affirmative comme de la thĂ©ologie nĂ©gative, car ce sont encore des discours », alors quâelle est au-delĂ de la parole. 109Lâunio mystica nâest plus de lâordre du discours câest un contact » ÎžÎŻÎŸÎč, un toucher » áŒÏαÏÎź ou une intuition » áŒÏÎčÎČολΟ avec la TĂ©nĂšbre plus que lumineuse du silence » qui suppose un renoncement au voir et Ă lâentendre. Car la diffĂ©rence entre les nĂ©oplatoniciens paĂŻens et chrĂ©tiens, câest quâil nây a pas de tĂ©nĂšbre » chez les premiers. LâĆil qui contemple le Bien-Soleil est Ă©bloui et, dans cet Ă©blouissement, devient lui-mĂȘme lumiĂšre dans les EnnĂ©ades de Plotin Enn. VI, 9, alors que, pour GrĂ©goire de Nysse, dans la Vie de MoĂŻse, câest le non-voir qui est un voir » et que, pour Denys lâArĂ©opagite, MoĂŻse ou celui qui entre dans la TĂ©nĂšbre de lâinconnaissance » ferme les yeux » ou nâa plus dâyeux » áŒÏÎżÎŒÏΔÎč et nâa plus de voix » ou devient aphone ». Fermer les yeux 110Je ne rĂ©siste pas au plaisir de citer Plotin qui donne comme exemple de la fermeture des yeux ce passage de lâOdyssĂ©e oĂč Ulysse ferme les yeux devant la beautĂ© de CircĂ© pour Ă©chapper Ă son envoĂ»tement et sâenfuir vers la BeautĂ© essentielle. 111Plotin, compare Ulysse, qui ne consentit pas Ă rester auprĂšs de CircĂ© la magicienne et de Calypso malgrĂ© les plaisirs des yeux et toutes les beautĂ©s sensibles quâil y trouvait », au philosophe qui abandonne la vision des yeux et lâĂ©clat des corps quâil admirait auparavant pour sâenfuir vers cette beautĂ© dont ils sont les images », et il dĂ©clare que, pour effectuer cette fuite » et ce voyage », il faut cesser de regarder et, comme en fermant les yeux Όᜎ ÎČÎ»áœłÏΔÎčΜ, Ă©changer cette maniĂšre de voir pour une autre » Enn. I, 6 [1] 1, 8. 112Câest bien cette fermeture des yeux pour contempler lâinvisible que Denys mentionne, lorsque lâĂąme devenant dĂ©iforme, grĂące Ă lâunion inconnaissable, sâĂ©lance, en des Ă©lans aveugles αῠáŒÎœÎżÎŒÎŒáœ±ÎżÎč áŒÏÎčÎČολαῠvers les rayons de la lumiĂšre inaccessible » DN IV, 11, 708 D. Il faut non seulement fermer les yeux, mais ĂȘtre aveugle » et sâĂ©lancer vers la lumiĂšre inaccessible par des Ă©lans aveugles ». Câest pourquoi la tradition mystique postĂ©rieure parlera de mort mystique » pour dĂ©signer lâĂ©tat du mystique dans lâunion mystique. Mais alors que celui qui entre dans la TĂ©nĂšbre est aveuglĂ©, la TĂ©nĂšbre elle-mĂȘme est plus que lumineuse » et le silence » qui lâhabite est lui-mĂȘme lumineux. Conclusion La louange et le silence 113Parler dâune hymnologie des noms divins » câest donner une dimension liturgique Ă un traitĂ© thĂ©ologique. Il ne sâagit pas seulement dâexpliquer les noms divins, mais de louer Dieu Ă travers cette litanie de noms. Câest pourquoi le traitĂ© commence par une priĂšre Ă la TrinitĂ© qui est Principe du Bien et au-dessus du Bien » DN III, 1, 680 B. 114Il y a un ordre dans lâexposition des noms divins qui va du Bien Ă lâUn du Bien chap. IV, qui Ă©tend sa bontĂ© Ă tous les Ă©tants », comme le soleil illumine tout ce qui existe, jusquâĂ lâUn chap. XIII qui rassemble tout dans son unitĂ©. 115Il y a un Ă©galement un cercle perpĂ©tuel qui va du Bien au Bien DN IV, 14, 712 C et ce cercle est celui de lâAmour divin qui se montre, de maniĂšre singuliĂšre, sans fin ni principe, comme un cercle perpĂ©tuel qui, Ă cause du Bien, Ă partir du Bien, dans le Bien et vers le Bien, parcourt une orbite impeccable ; et, dans le mĂȘme et selon le mĂȘme, ne cesse de procĂ©der, de demeurer et de revenir au mĂȘme point » DN IV, 14, 712 D-713 A. 116LâĂ©ros est au cĆur des Noms divins et câest son maĂźtre HiĂ©rothĂ©e qui a initiĂ© » Denys Ă son mystĂšre par ses Hymnes sur lâamour. 117Cependant lâunion Ă Dieu qui est inconnaissable est une union au-dessus de lâintellect » et lorsque MoĂŻse entre dans la TĂ©nĂšbre divine, il est aveugle et muet. 118Le silence devant lâIneffable est la fin de cette initiation. Le silence est lâabsence de parole áŒÎ»ÎżÎłáœ·Î± devant Celui qui est au-delĂ de toute parole, mais aussi dans lâunion Ă Celui qui se dĂ©couvre comme Ineffable áŒÏÎžáœłÎłÎż. Il y a un dĂ©passement du langage lui-mĂȘme car Celui dont on parle nâest pas seulement Celui qui est Ineffable, mais Celui auquel on sâunit dans la nomination mĂȘme. 119Les philosophes nĂ©oplatoniciens parlent de contact » ; ainsi Proclus, dans la ThĂ©ologie platonicienne, recommande de laisser derriĂšre soi tout ce qui vient aprĂšs lâUn, [et de] sâĂ©tablir au contact de cet indicible et de cet au-delĂ de tout ce qui existe Ï
ΜᜱÏΔΞαÎč áŒÏÏ᜔ Îșα᜶ ÏᜱΜΜ áŒÏáœłÎșΔÎčΜα Μ áœÎœÎœ » Theol. plat. I, 3 [16, 23-24]. Câest ce mĂȘme verbe ᜻ΜαÏ, attacher ensemble » ou unir », que Denys reprend pour dire que nous sommes unis Ï
ΜαÏáœčΌΔΞα, dâune maniĂšre ineffable et inconnaissable, Ă ce qui est ineffable et inconnaissable, selon lâunion qui est supĂ©rieure Ă notre puissance et activitĂ© intellectuelle » DN I, 1, 588 A. 120Ce qui est dit sur Dieu, ce sont les noms divins ; ce qui est cherchĂ©, câest lâunion qui est supĂ©rieure Ă notre puissance et activitĂ© intellectuelle » avec Celui dont on parle. 121Lâunion elle-mĂȘme est au-delĂ de toute parole la thĂ©ologie, quâelle soit affirmative ou nĂ©gative, est encore un discours ; dans lâunion, il nây a plus de discours, plus de thĂ©o-logie. Le silence marque la limite du langage thĂ©ologique qui parle sur Dieu, alors que lâunion Ă Dieu est une entrĂ©e en Dieu, analogue Ă lâentrĂ©e de MoĂŻse dans la TĂ©nĂšbre. LâactualitĂ© de Denys lâArĂ©opagite 122Je voudrais terminer par une ouverture sur lâactualitĂ© de Denys. 123La grande actualitĂ© de Denys est lâimportance de la thĂ©ologie nĂ©gative, non seulement dans la philosophie moderne, mais Ă©galement dans le dialogue avec les religions. 124LâactualitĂ© de Denys lâArĂ©opagite dans le dialogue avec les religions a Ă©tĂ© soulignĂ©e par le pape BenoĂźt XVI, dans une catĂ©chĂšse du 14 mai 2008, Ă Rome, citĂ©e par Beate Regina Suchla 3 B. R. Suchla, Dionysius Areopagita. Leben â Werk â Wirkung, Freiburg i. B., Herder, 2008, p. 259. Aujourdâhui il y a une nouvelle actualitĂ© de Denys lâArĂ©opagite il nous apparaĂźt comme le grand mĂ©diateur dans le dialogue moderne entre la chrĂ©tientĂ© et la thĂ©ologie mystique de lâAsie, dont la caractĂ©ristique repose dans la conviction que lâon ne peut pas dire ce quâest Dieu de lui on peut seulement parler dâune maniĂšre nĂ©gative, de Dieu on peut seulement parler avec le ne pas ». Et seulement lorsquâon entre dans cette expĂ©rience du rien », on peut lâatteindre. Et câest lĂ quâil y a une proximitĂ© entre la pensĂ©e de lâArĂ©opagite et certaines des religions asiatiques. Il peut ĂȘtre aujourdâhui un mĂ©diateur, comme il lâĂ©tait entre lâesprit grec et lâ 4 Voir J. Monchanin, Apophatisme et ApavÄda », Mystique de lâInde, mystĂšre chrĂ©tien HermĂšs 19, P ... 125Denys est mĂ©diateur » entre les penseurs de lâAsie et du christianisme, comme Jules Monchanin en Inde4. 126Enfin il y a une actualitĂ© de Denys dans la philosophie moderne. 5 Article Ă paraĂźtre dans J. Rivera â J. OâLeary Ă©d., Routledge Handbook to Theology and Phenome ... 127Dans un article Ă paraĂźtre sur la place de Denys dans la PhĂ©nomĂ©nologie5 », jâai retenu trois auteurs Ădith Stein, Jean-Luc Marion et Jacques Derrida. 128Ădith Stein a Ă©tudiĂ© la thĂ©ologie symbolique de Denys lâArĂ©opagite, pour prĂ©parer son livre sur Jean de la Croix. 129Jean-Luc Marion et Jacques Derrida se sont surtout intĂ©ressĂ©s Ă la thĂ©ologie nĂ©gative. Marion, dans De SurcroĂźt, distingue la nĂ©gation et la dĂ©nĂ©gation », mais il parle aussi, dans Dieu sans lâĂȘtre, du silence et de la priĂšre. 130Jacques Derrida, dans son livre DiffĂ©rance 1968, met en relation, dâune maniĂšre paradoxale, la diffĂ©rance » et la thĂ©ologie nĂ©gative. Dans Sauf le nom, il se demande si lâapophase incline Ă lâathĂ©isme », ou si elle tĂ©moigne du plus insatiable dĂ©sir de Dieu », et il cite le PĂšlerin chĂ©rubinique dâAngelius Silesius lecteur de Tauler, de Ruysbroeck, de Boehme et surtout dâEckhart qui emploie la mĂ©taphore du dĂ©sert On doit aller au-delĂ de Dieu [âŠ] OĂč dois-je aller ? Je dois tendre au dĂ©sert au-delĂ de Dieu PĂšlerin chĂ©rubinique I, 7. 131Quâen est-il de lâactualitĂ© de la thĂ©ologie mystique ? 132Vladimir Lossky, philosophe et thĂ©ologien orthodoxe, dans son livre Essai sur la thĂ©ologie mystique de lâĂglise dâOrient, prend comme modĂšle la ThĂ©ologie mystique de Denys, en insistant Ă©galement sur la thĂ©ologie nĂ©gative, alors que Denys est critiquĂ© par des penseurs catholiques comme nâayant pas dâexpĂ©rience mystique » ! Mais Denys ne parle pas de lui-mĂȘme. 133Peu dâauteurs sâintĂ©ressent Ă lâunion au-delĂ de lâintellect », qui se fait dans le silence. Ce nâest plus la question de lâunio mystica qui est centrale, mais celle du langage, ou plutĂŽt le langage ne conduit plus vers lâunion avec lâInnommable quâil nomme, au-delĂ mĂȘme du langage, dans le silence.
les paroles et les actes en amour