🌜 Comment Les Inégalités Sociales Portent Atteinte À La Cohésion Sociale

Ledernier rapport de la Drees sur la santé des Français, publié jeudi, dépeint un état de santé "globalement bon". Mais selon le niveau social, les inégalités restent fortes.  Lanouvelle analyse montre que les personnes faiblement qualifiées continuent de décrocher du marché du travail, à l’heure où les prestations sociales sont moins adéquates. Par ailleurs, les inégalités croissantes dans divers domaines continuent de Lerapport des conflits sociaux à la cohésion sociale : On peut maintenant s’atteler à l’analyse de ce que sont les conflits sociaux dans leur rapport à la cohésion sociale. Il s’agira dans un premier temps de poser le problème du rapport paradoxal entre cohésion sociale et conflits sociaux, puis nous montrerons une deuxième fois Commentpeut-on obtenir les arrangements de «flexibilité» qui permettront d'atteindre les objectifs de la cohésion sociale? Les auteurs de cet ouvrage tentent de répondre à ces questions. Télécharger. N° 15 - Concilier flexibilité du travail et cohésion sociale – Un défi à relever. Ce volume sur la flexibilité du travail pose la question des effets des réformes administratives Dansl'édition 2020 du "Portrait social" de la France, l'INSEE dresse un premier bilan de la crise sanitaire du Covid-19 et du confinement. Les inégalités sociales se creusent. L'INSEE souligne par ailleurs un fort risque de Lacohésion sociale repose à la fois sur une limitation effective des inégalités et sur l'adhésion à un même ensemble de valeurs et un même modèle de société, dans lequel les gains de richesse sont diffusés de façon relativement homogène à l'ensemble des membres du corps social Parceque les ruptures d’égalité sont perçues comme des mécaniques profondément injustes, elles minent la cohésion sociale – et ce à grande échelle. Les discriminations n’ont rien de marginal : les Depuisle début des années 1990, le thème de la cohésion sociale est devenu omniprésent dans le vocabulaire politique de l’action des gouvernements. Il n’est question que d’œuvrer à son renforcement dans des sociétés qui se trouveraient menacées d’éclatement du fait d’une mondialisation qui affaiblit les attaches sociales des individus et les expose à l’insécurité Pourréduire ces dernières et assurer qu’elles ne compromettent pas la cohésion sociale, l’État représente l’instrument privilégié, voire indispensable. Lui seul peut redistribuer les ressources grâce à la fiscalité et aux transferts, mais aussi grâce à sa capacité de régulation du marché. Dansune société minée par l’individualisme, les inégalités, les Français comptent d’abord sur les pouvoirs publics pour renforcer la cohésion, montre une étude du Crédoc. Ellessont fabriquées. Or, les inégalités sociales, la pauvreté ou la précarité, l’exclusion sont des entraves à la cohésion sociale, non seulement, elles sont parmi les causes de la plupart d’homicides commis en RDC. SOCIETELes inégalités nuisent gravement à la cohésion sociale Quand les inégalités sociales deviennent trop fortes, le sentiment d’appartenir à une même société risque-t-il de s’effriter ? Enquête en Belgique et dans le monde. Documents joints Les inégalités nuisent gravement à la cohésion sociale - pdf (PDF - 809.4 ko) Téléchargez l’analyse Objectiflargement plébiscité par les grandes institutions ou organisations européennes, la cohésion sociale reste cependant un concept flou du fait de la grande diversité d’opinions dont il fait l’objet. Intimement liée au concept de capital social, la cohésion sociale est un des objectifs politiques les plus mis en avant ces dernières années au sein de l’Europe. Ellecontribue fortement à la cohésion sociale car les inégalités nourrissent la haine et le ressentiment entre les classes sociales notamment. Elles contribuent à un fort entre-soi au sein de ces classes et morcelle la nation. Transcription. L`Orient-Le Jour | Comment les inégalités sociales et 2H9S. 18h29, le 11 mai 2017, modifié à 18h47, le 11 mai 2017 Certes, "l’espérance de vie des Français est élevée", et "la réduction de la mortalité se poursuit". Mais en décortiquant le rapport 2017 sur "L’État de la santé de la population en France", publié par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques Drees et l’agence Santé publique France, les inégalités sont le niveau social des Français, les statistiques du rapport varient fortement. En clair l’état global de santé des populations les plus défavorisées n’est pas le même que celui des classes conditions de travail ou encore environnement quotidien le cadre de vie des Français les plus pauvres touche directement leur état de de risque d’obésité pour les enfants d’ouvriers. Les données relevées en 2014 sur un panel d’enfants de CM2 montrent une corrélation entre situation socio-économique et risques de surpoids. 12,7% des enfants de cadres étaient en surpoids ou en obésité. C’est 20% pour les enfants d’employés, et le chiffre grimpe encore d’un point et demi pour les enfants d’ travail qui rend malade. Face aux maladies professionnelles, les ouvriers sont là-aussi défavorisés. Plus exposés à la pénibilité du travail et aux environnements polluants, ils tombent plus facilement malade à cause de leur travail. Les statistiques sont sans appel 72% des maladies professionnelles déclarées touchent des ouvriers. 23% seulement concernent des employés du régime général. Pour les maladies liées à l’amiante, dont le cancer du poumon, 92% des victimes travaillaient en tant qu’ Français les plus défavorisés sont aussi plus vulnérables face aux affections cardio-vasculaires la mortalité liée à ces pathologies est 50% plus importante que pour les classes vie plus longue pour les plus aisés ? Ces inégalités face aux différents troubles et pathologies qui touchent l’état de santé des Français induit un écart non négligeable entre les espérances de vie des différents groupes socio-économiques. A 35 ans, un cadre homme peut ainsi espérer vivre au moins six ans de plus qu’un ouvrier. C’est un peu plus de 3 ans pour une le rapport pointe des disparités territoriales. La mortalité prématurée est beaucoup plus importante en Outre-mer, avec 30% de décès avant 65 ans, contre 18,5% en métropole. Le nombre d’enfants mort-nés en Outre-mer représente plus du double des décès de nourrissons en France méthodologie ?Pour évaluer la santé des Français, la Drees se base sur plus de 200 indicateurs. Elle utilise plusieurs sources de données. Les statistiques d'état civil d'abord, avec les certificats de naissance et de décès, ces derniers indiquant les causes médicales de la mort. Les enquêteurs consultent également les registres de pathologies médicales, pour les cancers par exemple. Ils ont enfin recours à des enquêtes de santé au téléphone, où ils peuvent également se renseigner sur la situation socio-économique des personnes interrogées. Celle-ci est évaluée à l'échelle communale en fonction du revenu fiscal médian, du nombre de diplômés de niveau baccalauréat et plus, et de la part d'ouvriers et de chômeurs dans la tranche d'âge 15-64 ans. Ils s'informent aussi sur le mode de recours aux soins des Français, fréquence des hospitalisations, modes de remboursements. Des examens médicaux, cliniques et biologiques, sont par ailleurs réalisées sur un panel d'individus. Débats Les ruptures d’égalité transforment les comportements de tous ceux qui appartiennent au groupe des personnes discriminées, analyse l’économiste Stéphane Carcillo. Article réservé aux abonnés Vous avez publié, avec l’économiste Marie-Anne Valfort, un ouvrage sur les discriminations dans le monde du travail qui montre qu’il y a une corrélation entre les discriminations et la confiance dans les relations ­sociales. Comment fonctionne ce lien ? Le politiste américain Robert Putnam est le premier à avoir identifié, au début des années 2000, un lien entre la pratique des discriminations et l’émergence de la défiance. Parce que les ruptures d’égalité sont perçues comme des mécaniques profondément injustes, elles minent la cohésion sociale – et ce à grande échelle. Les discriminations n’ont rien de marginal les homosexuels représentent 5 % à 10 % de la population, les minorités ethniques près de 10 %, et les femmes constituent une minorité majoritaire ». Une part très importante de la popu­lation voit donc sa carrière et ses salaires stagner en raison de préjugés absurdes et de stéréotypes irrationnels. Ces discriminations donnent naissance à de véritables cercles vicieux au lieu de favoriser l’intégration des minorités, elles les encouragent à se replier vers leur communauté d’origine. Face à ces mécanismes d’exclusion, les minorités ont en effet tendance à rejeter les valeurs de la société d’accueil. Après les attentats du 11 septembre 2001, les musulmans qui vivaient dans les Etats américains où les actes islamophobes ont le plus augmenté affichaient ainsi, dix ans plus tard, des normes sociales plus rigoristes, des taux de mariages intracommunautaires plus élevés et des pratiques religieuses plus intransigeantes. Ces discriminations ont, selon vous, des conséquences ­au-delà même du cercle des personnes qui sont ­directement discriminées. Par quels mécanismes ? Les discriminations nuisent aux personnes qui en sont victimes, mais elles perturbent aussi plus largement le jeu social ­elles transforment les comportements de tous ceux qui appartiennent au groupe des personnes discriminées. Des études américaines et françaises mettent ainsi en évidence le mécanisme de la menace du stéréotype » les personnes appartenant à des minorités redoutent tellement les préjugés associés à leur couleur de peau, leur sexe ou leur orientation sexuelle qu’elles perdent leurs moyens lors des tests. Et elles finissent par confirmer involontairement l’image négative de leur groupe. Jeff Stone, professeur de psychologie de l’université d’Arizona, a ainsi montré, lors d’une expérience réalisée à Princeton, que les Afro-Américains réussissent mieux un exercice sportif s’il est présenté comme une mesure de l’aptitude physique naturelle » que comme une mesure de l’aptitude à développer une stratégie durant une performance sportive » – comme s’ils voulaient confirmer les stéréotypes qui veulent que les Noirs soient plus doués pour le sport que pour les matières intellectuelles. Les préjugés pèsent aussi lourdement sur les filles parce qu’elles sont censées avoir moins de dispositions pour les mathéma­tiques que les garçons, elles réussissent mieux le même test d’arithmétique quand il n’y a pas de garçons dans la salle… Il vous reste de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés. Vous pouvez lire Le Monde sur un seul appareil à la fois Ce message s’affichera sur l’autre appareil. Découvrir les offres multicomptes Parce qu’une autre personne ou vous est en train de lire Le Monde avec ce compte sur un autre appareil. Vous ne pouvez lire Le Monde que sur un seul appareil à la fois ordinateur, téléphone ou tablette. Comment ne plus voir ce message ? En cliquant sur » et en vous assurant que vous êtes la seule personne à consulter Le Monde avec ce compte. Que se passera-t-il si vous continuez à lire ici ? Ce message s’affichera sur l’autre appareil. Ce dernier restera connecté avec ce compte. Y a-t-il d’autres limites ? Non. Vous pouvez vous connecter avec votre compte sur autant d’appareils que vous le souhaitez, mais en les utilisant à des moments différents. Vous ignorez qui est l’autre personne ? Nous vous conseillons de modifier votre mot de passe. Le Parlement a définitivement adopté lundi 20 décembre, après un ultime vote de l'Assemblée, le projet de loi sur la cohésion sociale qui aborde à la fois l'emploi, le logement et l'égalité des chances. Les députés ont voté lundi par 23 voix contre 11 les conclusions de la commission mixte paritaire CMP, 14 députés et sénateurs sur ce texte, déjà adoptées par le Sénat jeudi dernier, ce qui vaut adoption définitive du texte par le Parlement. Comme en première lecture, l'UMP et l'UDF ont voté pour, le PS et le PCF contre. Parmi les mesures phares du volet emploi de ce projet de loi, figurent la création d'un "contrat d'avenir" destiné aux bénéficiaires de minima sociaux, la réforme de l'apprentissage et la fin du monopole de l'ANPE en matière de placement. Concernant le logement, le texte prévoit la construction de logements locatifs sociaux entre 2005 et 2009. Le projet de loi représente un engagement financier d'environ 15 milliards d'euros sur cinq ans. L'un des débats les plus sensibles aura porté sur un volet licenciement économique et droit au reclassement, ajouté au dernier moment par le gouvernement dans une lettre rectificative. 1Depuis une quinzaine d’années, la réhabilitation de la question écologique dans l’espace urbain s’est d’abord justifiée pour répondre à l’urgence de gérer les risques écologiques extra-ordinaires », d’origine industrielle ou naturelle. Aujourd’hui, est envisagé le maintien ou la recherche des équilibres écologiques de l’environnement vécu au quotidien », dépassant le seul traitement des nuisances. Ce que préconise l’Agenda 21 des Villes Aalborg +10. C’est cette orientation qui est amplifiée par l’introduction du principe de développement durable depuis les années 1990 dans la politique de la ville. 2Le texte présenté ici reprend en partie le projet soumis à l’appel à projet de recherche du Ministère de l'Ecologie et du Développement Durable MEDD/Plan Urbanisme Construction architecture, Service de la Recherche et de la Prospective du Ministère de l'Equipement PUCA avril 2005 concernant "Le développement durable et les politiques territoriales" avec comme troisième axe de recherche "Les inégalités écologiques". Bien que notre proposition n’ait pas été retenue finalement, il nous paraît pertinent de livrer la réflexion menée alors pour alimenter le débat autour de ce nouveau champ d’investigation. Seuls les éléments théoriques de notre proposition sont présentés ici, l'étude du cas de la ville d'Arras n'ayant pu être conduite à son terme. Problématique 3La reformulation des politiques territoriales en termes de développement durable implique une approche globale de la ville. Il s’agit désormais d’établir ou de maintenir la cohérence sociale, environnementale et économique de la ville. De façon plus fondamentale, l'enjeu du développement durable dans la ville est de replacer la relation Homme/Milieu au coeur du débat de la gestion des territoires urbains. 4Aujourd'hui, l’un des enjeux sociaux et environnementaux du développement urbain est la lutte contre les inégalités écologiques Laigle et Oehler, 2004. Cette nouvelle problématique qui associe la recherche de l’équité sociale avec celle de l’équité environnementale, implique d'approfondir la réflexion sur le rôle de l'habitant dans la production des milieux urbains, de cette nature anthropisée » Blanc, 2004. Ainsi, le traitement des inégalités écologiques invite de nouveaux champs disciplinaires. L’intervention de l’anthropologie et de l’écologie est invoquée aux côtés des géographes, des urbanistes, des aménageurs. 5Selon Laigle et Oehler 2004, la problématique des inégalités écologiques peut être appréhendée à travers les inégalités sociales du territoire qui incluent les inégalités d'accès à l'urbanité et à la qualité du cadre de vie. Ce qui implique une approche comparative du cadre de vie des quartiers. Le quartier » 6Par leur assise territoriale, les quartiers » sont la première entité de la ville Laganier et al., 2002. La définition des quartiers » comporte à la fois une dimension géographique qui renvoie à leur localisation dans l'environnement urbain et une dimension sociale et culturelle qui porte en elle la perception du quartier » par les habitants eux-mêmes. Les frontières » des quartiers renvoient à la ségrégation socio-spatiale des villes qui est parfaitement lisible dans le tissu urbain depuis le 19ème siècle Kammerer et Vitoux, 2004. 7Cette unité d’étude qui transcende à la fois les réalités sociales, écologiques et politiques de la ville, assure un lien entre la problématique du développement durable et les inégalités écologiques, entre la recherche et l’action publique. Le quartier » rend compte des dynamiques territoriales qui caractérisent l'évolution de la ville. C'est également l'échelle d'intervention des politiques territoriales sur le plan opérationnel lors de la re-définition de l’action publique de proximité » Behars, 1999a. 8Dans la politique de la ville, le principal objectif est la lutte contre les inégalités sociales et la recherche de la cohésion sociale. Ce qui met souvent au premier plan la situation des quartiers dits sensibles ». Si dans une démarche de recherche-action, il est souhaitable de reprendre le zonage de la ville appliqué par les acteurs publics, pour définir des résultats de recherche en adéquation avec les politiques territoriales, il convient de repositionner les enjeux de ce débat. Face aux résultats mitigés Lelevrier, 2004 ; Behar, 1999b et au devenir incertain Estèbe, 2001 enregistrés par la politique de la ville, il apparaît nécessaire de dépasser le quartier sensible » pour l’inclure et le replacer par rapport aux autres quartiers de la ville. L’enjeu ici est bien de partir d'une vision globale et non segmentée de la ville. Dans ce sens, il apparaît pertinent d'organiser l'étude autour de la comparaison de deux ou trois quartiers » au lieu de concentrer l'analyse sur un seul quartier selon une démarche monographique. 9Dans le traitement des inégalités écologiques, l'un des points d’action de la politique de la ville qui est mis en avant est l’amélioration du cadre de vie ». Enoncé contingent de l’environnement urbain”, la définition du cadre de vie » se pose à l'articulation entre l’environnement avéré » et l’environnement vécu ». Ainsi, la qualité de cadre de vie » se révèle une notion à la fois objective et facile à identifier en relation avec la dimension naturelle de l’Homme ex niveau de décibels pour la nuisance sonore, concentration en éléments pathogènes pour la qualité des eaux, etc., et à la fois tout à fait subjective en relation avec la dimension culturelle de l’Homme. C’est cette deuxième dimension qu’il convient d’explorer avec plus de précision parce qu'elle est par définition la plus changeante et aléatoire d’un habitant à l’autre. 10Cette complexité semble s’attacher à un ensemble d’indicateurs qui permet de caractériser les différentes catégories socio-culturelles des habitants du quartier la pyramide des âges des habitants, la catégorie socio-professionnelle, le niveau scolaire atteint, les origines géographiques rurale/urbaine et/ou nationales, sociales des habitants, la zone de vie qui est l’espace dans lequel les déplacements quotidiens sont réalisés, les modes d'usage de cet espace, etc. 11Cette problématique doit être d’appréhendée selon une approche transversale, c'est-à-dire entre les habitants d’un même quartier d'une part et entre les habitants de quartiers différents d'autre part, et selon une approche verticale entre les habitants et les acteurs publics de la ville en charge de l’amélioration du cadre de vie pour chaque quartier. Pour accentuer les résultats, doivent être rassemblées des situations socio-culturelles, économiques et environnementales contrastées et qui rendent compte de la dynamique urbaine quartier résidentiel, quartier populaire, quartier périurbain, quartier difficile ».... Méthodologie 12La méthode proposée consiste à croiser une caractérisation systémique des quartiers Bossel, 1999 ; Respect, 2000 avec une enquête sociologique où l'accent est mis sur les représentations de l'environnement vécu » par les différentes catégories socio-culturelles des habitants selon une démarche proprement ethno-écologique. 13D'abord, il s'agit de décrire les contextes environnementaux et sociaux de chaque quartier. Dans un deuxième temps, les perceptions et les représentations de cet environnement vécu » sont mises en évidence au niveau de chaque groupe social habitants et acteurs publics à partir d'entretiens semi-dirigés. La restitution des récits de vie et le recueil des discours alimentent l'analyse sur les pratiques d'usage de l'environnement urbain. Caractérisation systémique des quartiers » 14La première étape de l'analyse est la construction d'une vision globale de la zone d’étude selon une démarche systémique transverse et globale. Défini comme un système Environnement/Société, chaque quartier fait l'objet d'un état des lieux dans ses composantes environnementales et sociétales. Cette étape de l'analyse permet également de répondre à des questionnements plus fondamentaux. Quelle est la dynamique territoriale qui sous-entend l’organisation actuelle de l’espace urbain en quartiers ? Quels sont les indicateurs qui peuvent être retenus pour rendre compte de la corrélation supposée entre les catégories socio-culturelles des habitants, l’entité des quartiers » et les différents cadres de vie ? Autrement dit dans quelle mesure et jusqu’à quel niveau de précision l’organisation spatiale et environnementale de la ville reflète-t-elle sa dynamique sociale et économique ? Ces questionnements permettent enfin de s’interroger sur les éléments du cadre de vie » à modifier pour aboutir à un changement socio-économique désiré. 15La situation écologique des quartiers est analysée selon trois axes Dans quel état se trouve le territoire ? Quelles sont les pressions exercées sur lui nuisances, pollutions ? Quelles sont les réponses apportées à ces pressions par la collectivité ? Ce qui en particulier permet d’identifier les secteurs-clés » qui pourront peut-être être qualifiés de vulnérables ou non. Une classification des éléments qui composent l’environnement est proposée entre les éléments naturels espaces verts, rangée d’arbres qui agrémentent les rues, rivière... et les éléments bâtis les axes routiers et piétonniers, les zones commerçantes, les zones d’habitat, le patrimoine remarquable.... 16Dans la deuxième étape, l'objectif est de donner l’empreinte socio-culturelle de chaque quartier. L’hypothèse de départ est de pouvoir assimiler à chaque quartier une ou plusieurs catégories socio-culturelles d'habitants. L’homogénéité qui est sous-entendue dans la classification courante des différentes parties de la ville en quartier bourgeois » ou quartier populaire » par exemple, doit être discutée. Chaque catégorie socio-culturelle des habitants est identifiée à partir d'un ensemble d'indicateurs quantitatifs et descriptifs tels que par exemple l'évolution démographique du quartier, le paysage immobilier, la présence de magasins de proximité et de services publics, etc. Cette analyse sera complétée par l'enquête ethno-écologie présentée dans le chapitre suivant. 17La troisième étape identifie les dynamiques territoriales qui sont en jeu et tous les acteurs impliqués dans la gestion du territoire étudié. L’objectif est de mettre en évidence le décalage qui existe entre l’espace des problèmes » et l’espace des réponses » selon la formule de Laganier et al. 2002 11. Ici, l’analyse se place à l’échelle de la ville à travers l’histoire du peuplement et de l’aménagement des quartiers. En particulier, les politiques successives qui ont été mises en œuvre dans la zone étudiée, doivent être décryptées. Il convient d’analyser les contenus –orientation théorique de chaque politique – ainsi que les démarches – implications des parties prenantes et réalisations sur le terrain - qui ont eu ou pas d’influence dans l’organisation actuelle de l’espace urbain. Ce qui permet d’ouvrir le débat sur l’harmonisation et l’intégration des différentes procédures contrat de ville, contrat d’agglomération, politique de la ville, Agenda 21 local et politiques territoriales en cours sur un même territoire. L'enquête sociologique ethno-écologie 18L’évaluation des politiques territoriales implique de montrer la position relative de chacun des acteurs par la confrontation des définitions du cadre de vie. Ainsi, peut être vérifiée la proximité socio-culturelle des acteurs publics avec l’une ou l’autre des catégories d’habitants, et donc leur biais de lecture éventuel et/ou inadapté de cette question du cadre de vie selon les quartiers. Ce qui passe par la définition des modes de représentation et de perception du cadre de vie pour chaque catégorie socio-culturelle d’habitants et les acteurs publics. 19La méthodologie utilisée est celle d’entretiens ouverts, conduits auprès d'un échantillon d'habitants et d'acteurs publics par quartier, suscitant des discussions informelles. Pour répondre aux nécessités de la démarche comparative, la même grille doit être utilisée pour toutes les catégories d’habitants et les acteurs publics. 20Il s'agit ici de cerner à travers les récits de vie qu'ils livrent, une approche davantage qualitative et vécue du quartier. Sont mis en évidence les critères d’identification et de qualification du cadre de vie » qui sont retenus par chaque catégorie socio-culturelle d’habitants et les différents acteurs publics. Par croisement avec les caractéristiques établies par quartier dans l’étape précédente, l’objectif visé est de montrer une distinction entre le cadre de vie avéré » et le cadre de vie perçu ». Ce qui permettra d'évaluer les liens qui sont établis entre la réalité du cadre de vie et la perception que les habitants et les acteurs publics en ont. Résultats attendus 21L'analyse systémique et ethno-écologique des cadres de vie est l’orientation choisie pour traiter la thématique des inégalités écologiques dans les politiques territoriales. Cette démarche associe données environnementales et données sociologiques. Elle s'intègre à une politique de cohésion sociale en prenant acte de l’hétérogénéité socio-culturelle croissante des habitants. Replacée dans le contexte de la dynamique urbaine qui est marquée par la croissance exponentielle des villes, une telle démarche est incontestablement nécessaire face à la permanence des mouvements migratoires des populations, qu’il s’agisse d’échanges entre le monde rural et le monde urbain ou d’échanges entre les pays proches et lointains. 22Les résultats attendus concernent la mise en évidence d'une distance des perceptions du cadre de vie entre les pouvoirs publics et les habitants en corrélation avec leur distance sociale et culturelle. C'est la connaissance de ces confrontations de perceptions qui doit permettre de lever les blocages et de définir une politique de la ville cohérente entre les différents acteurs sociaux et culturels d'un quartier. Cette réflexion permet également de poser les jalons d'une réflexion plus générale sur la mixité sociale qui est le deuxième grand thème développé dans les politiques territoriales ces dernières années loi SDU. 23Ces résultats se révèlent pertinents sur le plan de l'action publique pour co-construire des actions de gestion territoriale et d’amélioration du cadre de vie qui soient à la fois différenciées pour valoriser l’identité des quartiers et communes pour faire appel à la cohésion sociale. L’enjeu est de reconnaître les spécificités et l’identité de chaque quartier et de les intégrer en même temps dans le tout qu’ils forment ensemble en soulignant leurs points communs. Autrement dit, il s’agit de produire dans le cadre de la politique urbaine, un plan d’action pour l’environnement, qui ait des orientations stratégiques globales, mais aussi des objectifs et des actions différenciés en fonction des perceptions. Appréhendées et réalisées à trois niveaux complémentaires - au niveau de chaque quartier, au niveau de la ville et au niveau global - les propositions doivent permettre de faire le lien entre la réduction des inégalités écologiques, la cohésion sociale et la préservation de l’environnement.

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